Arguments en faveur des Corbeaux Freux

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Voici ci-après la contribution de notre association aux projets d’arrêtés concernant la destruction de corbeaux freux dans la Nièvre (AVRIL/MAI 2016). Vous pouvez largement vous en inspirer afin d’écrire aux services de la D.D.T lors des différentes consultations du public ou dès que vous le jugerez nécessaire. Ceci est évidemment applicable dans votre propre commune si M ou Mme le Maire organise annuellement ce genre de « tir aux pigeons » pitoyable …

« Nous venons de prendre connaissance de vos projets d’arrêtés préfectoraux portant autorisation de destruction de corbeaux freux par tirs sur les arbres d’alignement du domaine public routier départemental sur les communes de Nevers, Sermoise-sur-Loire, Alluy, Châtillon-en-Bazois, Dirol, Pouilly-sur-Loire, et Cervon, pour la période du 30 avril au 30 mai 2016, dans le département de la Nièvre ;

Par l’arrêté ministériel du 30 juin 2015 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le Corbeau freux est classé « nuisible » sur l’ensemble du département, quasi essentiellement pour les dégâts aux cultures (semis). Ce statut pourrait sans problème être annulé car durant la période de reproduction cet oiseau doit plutôt être considéré comme un auxiliaire de l’agriculture puisqu’il alimente ses jeunes avec un régime basé sur les larves du sol (schématiquement on peut considérer le corbeau freux comme végétarien en hiver et carnivore à la belle saison).

Vous le savez, nous avons plaidé en CDCFS pour l’arrêt pur et simple des destructions directes au profit de la mise en place de méthodes alternatives comme l’élagage en automne et en hiver et l’effarouchement en tout début de période de la nidification. Nous nous élevons contre ces tirs en période de nidification qui peuvent entraîner, parallèlement à la destruction des corbeaux, celle d’espèces protégées comme le Faucon crécerelle, ou le Hibou Moyen-duc qui utilisent les nids des corvidés dans les corbeautières.

En ce qui concerne les risques routiers, il apparaît évident qu’ils proviennent bien plus d’un manque d’entretien des arbres d’alignement (grosses branches mortes restées sur des arbres âgés) que de la chute de branchettes tombées des nids. Pour la sécurité de tous, nous préconisons la taille raisonnée ou/et l’élagage des arbres en automne et au plus tard mi-février (ce qui permettrait le retrait des anciens nids. En effet, une fois les tirs effectués en pleine saison de reproduction, le risque de chute des nids ou de branches perdure : l’argument invoqué n’a donc rien de logique.

En complément, invoquer des risques de glissades de véhicules à cause des fientes est juste ridicule.

Les dates d’intervention en pleine période de nidification ont des conséquences catastrophiques : à la suite des tirs nombre de jeunes meurent de faim et il n’est pas rare de voir les survivants abandonnés se jeter dans le vide avant de savoir voler. Le risque de collision avec les véhicules est alors réel sans parler du spectacle indigne de ces oiseaux agonisant au sol.

Dans cette affaire de tirs de corbeautières, on a un exemple curieux de contradiction avec les valeurs de « protection de la nature » que souhaitent véhiculer différents intervenants à l’origine des tirs de destruction (nous pensons en particulier au monde de la chasse).

Pour la LPO, les dates d’intervention (30/04 – 30/05) sont clairement mal positionnées. Il a été prouvé dans plusieurs villes comme celle de Rochefort par exemple que pratiquer élagage et effarouchement avant l’installation des oiseaux est efficace quoique non létal. (cf. Vers une conciliation entre les maires et les corvidés, LPO, 22 juillet 2015)

De plus, nous tenons à vous signaler que, après repérage, il s’avère que certains secteurs abritent des nids situés sur des arbres qui ne sont pas à la verticale des voies de circulation (une partie des arbres de Sermoise par exemple). Difficile alors de justifier les tirs au nom de la « sécurité routière ».

Cette destruction des corbeaux freux est reconduite année après année sans aucune avancée prouvée dans les résultats : les motifs invoqués sont donc contestables aussi bien quant à l’intérêt de l’agriculture que pour celui de la sécurité routière.

La LPO Nièvre demande à ce que la méthode des tirs soit remplacée par celle de l’élagage et de l’effarouchement aux bonnes dates.

Par ailleurs vous n’êtes pas sans savoir que les arrêtés signés et notifiés ne sont applicables qu’à partir la date de l’affichage en mairie, et non le jour de la fin de la consultation du public et que « ce délai ne peut être inférieur à quatre jours à compter de la date de la clôture de la consultation ». En cas de promulgation de ces arrêtés, nous serons vigilants sur ces deux points. »

Sachez que vous pouvez nous aider en recensent les colonies de corbeaux freux sur la Nièvre via faune-nievre.org

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