Les Grands Cormorans dans le viseur

Voici pour vous, l’intégralité de notre commentaire sur le site des consultations publiques du Ministère du Développement durable au sujet de la consultation Projet d’arrêté fixant les quotas départementaux dans les limites desquelles des dérogations aux
interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les grands cormorans (Phalacrocorax carbo sinensis) pour la période 2016-2019.  

Avis de la LPO 58 sur le projet d’arrêté ministériel

La LPO 58 est contre ce projet d’arrêté ministériel car les quotas nous semblent excessifs.
Certes, si on peut comprendre que la régulation du Grand Cormoran est acceptable sur les zones d’étangs et de piscicultures dans la mesure où les impacts de la prédation sont justifiés et quantifiés, il n’en est pas de même sur les eaux libres où aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer que les populations de poissons sont en péril. Le Grand Cormoran étant un oiseau essentiellement piscivore, on pourrait même
affirmer, comme une « La Palissade », que « tant qu’il y a des Grands Cormorans, c’est qu’il y a des poissons ».
Accuser le seul Grand Cormoran comme responsable de la disparition (non avérée) des poissons d’eaux douces nous semble un peu réducteur, et d’autres espèces comme le Silure glane, l’Aspe, le poisson-chat ou la perche soleil ont un impact qui n’est certainement pas négligeable.
La préservation de ces populations doit passer par d’autres méthodes telles que la restauration des milieux aquatiques, la lutte contre la pollution agricole, la préservation de la végétation de bordure ou l’installation de cages abris dans les étangs, et non pas par la destruction par tirs dont l’efficacité n’a jamais été démontrée.
Dans le département de la Nièvre, où le Grand Cormoran n’est pas nicheur, la LPO 58 suit depuis plus de vingt ans l’évolution des populations de Grands Cormorans hivernants selon un protocole bien établi (des comptages sont effectués au dortoir, à la tombée de la nuit, une fois par mois en novembre, décembre, janvier et février). L’effectif annuel moyen sur les huit dernières années est de 976 individus, et cette population est plutôt stable (minimum 928, maximum 1228). On est donc loin d’une explosion.

Le quota de 1000 oiseaux à prélever par an sur les 3 ans à venir pour ce département nous semble donc aberrant car il reviendrait à éliminer l’ensemble des oiseaux présents durant cette période.

Ce n’est plus d’une régulation dont on parle, mais d’une destruction (!!!) qui plus est inutile, car chaque année le même nombre d’oiseaux revient.
La LPO 58 est donc opposée à ce projet d’arrêté ministériel et demande :

  • l’arrêt de la régulation sur les eaux libres qui est, de plus, contraire
    aux buts recherchés en dispersant les oiseaux vers des zones plus tranquilles où ils ne seraient peut-être pas allés,
  • l’autorisation de tirs sur les étangs et piscicultures uniquement lorsque l’impact est justifié et quantifié, et après vérification que d’autres méthodes de protection aient été mises en œuvre sans résultat.
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Une réponse à “Les Grands Cormorans dans le viseur

  1. Chiffre du prélèvement excessif en effet d’autant plus que le contrôle est, a priori, quasiment inexistant et des morts en plus (de l’ordre de 30% !…) non compris les autres espèces protégées.

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