Et si les moulins devenaient des refuges LPO ?

Hérons, Aigrettes, Cincles, Bergeronnettes, Martins-pêcheurs, batraciens, reptiles et plantes de milieux humides … les retenues, cascades, biefs et zones humides attenantes aux moulins sont des habitats propices à une importante biodiversité, comme souvent les bâtiments eux-mêmes !

Grâce à leurs milieux aquatiques et à la végétation riveraine, les moulins forment des habitats de choix pour héberger une faune et une flore d’intérêt : pourquoi alors ne pas les associer au réseau des refuges de la LPO ? C’est le constat que j’ai présenté, lors de l’assemblée générale des moulins de la Nièvre et du Morvan, qui s’est tenue le 18 mars dernier à Saint-Saulge.

Empêtrés dans les récents « embâcles » de la loi biodiversité qui obligerait certains d’entre eux à rétablir une continuité écologique en milieu humide à grand renfort de destruction d’un patrimoine souvent séculaire, j’ai été invité à présenter notre point de vue sur la question à l’invitation de Françoise Demarche, propriétaire du moulin de Bona (très proche de notre roselière) et également refuge LPO.

Avec presque 22’000 terrains et 38’000 ha,  les refuges LPO constituent le 1er réseau de jardins et terrains écologiques . Ils  développent, partout en France, l’intérêt pour une meilleure protection et une amélioration de la connaissance de la nature « ordinaire » au travers des sciences participative via l’Observatoire oiseaux des jardins (par ex.) et surtout grâce à des outils de collecte d’observations comme faune-nievre.org.

La charte des refuges LPO comporte quatre principes simples qui ont éveillé l’intérêt du président de l’association des moulins de la Nièvre et du Morvan, Francis Lefebvre-Vary, proposant d’inciter chaque propriétaire d’étang à les suivre.
Il s’en est suivi un intéressant échange avec la salle, en séance et en fin d’AG autour du traditionnel pot de clôture.
Les bonnes pratiques en faveur de notre environnement sont facilement appliquées par les propriétaires de moulins. Beaucoup participe déjà aux  « Journées européennes du patrimoine » (naturel et bâti) et aux « Journées du Patrimoine de pays et des moulins ».
A l’instar de Charles-François Champetier (association Hydrauxois), autre conférencier lors de cette AG, nous espérons que les fédérations de moulins relaieront cette information auprès de leurs associations adhérentes partout en France, car avec au moins 50.000 sites encore présents au bord des rivières, il existe un vrai potentiel d’actions communes au service de la biodiversité.
Pour notre part, nous restons en contact avec l’association des moulins de la Nièvre et du Morvan afin de pouvoir renseigner les adhérents désireux de faire un geste fort au profit de la Nature en rejoignant le réseau des refuges et d’en devenir des animateurs efficaces.
Christophe Barge
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