Le Sol Vivant

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Le Sol Vivant

On appelle un sol vivant, un sol déjà composé de beaucoup d’êtres vivants qui interagissent ensembles, créent ce qu’on appelle de l’activité biologique et participent ainsi à l’équilibre et à la vie d’un sol.

La réflexion de tous les « expérimentateurs » que nous avons interviewé part de l’observation du modèle forestier où le sol n’est jamais nu et où tout est recyclé naturellement grâce à de nombreuses petites bêtes, bactéries et autres micro-organismes.

Non travail du sol et couvert permanent sont les deux principes clefs du sol vivant. Mais l’homme laboure et travaille son sol depuis des millénaires. Donc ne pas travailler son sol est un renversement complet d’approche.

Pour commencer le sol vivant, il faut donc commencer par arrêter de passer le motoculteur ou de retourner à la bêche et laisser le travail du sol à des vrais spécialistes qui sont les vers de terre. En une dizaine d’années, les 20 cm supérieurs du sol transitent au moins une fois par ?? le système digestifs des vers de terres.

Cette vie du sol crée la fertilité nécessaire aux plantes, mais c’est la plante qui fait le sol : Les végétaux créent via la photosynthèse de la matière organique. Les feuilles mortes par exemple vont être décomposées par des organismes vivants, des microbes, des champignons, des bactéries, ce qui va créer l’humus, mais aussi permettre de recycler l’azote pour l’apporter aux plantes sous une forme directement assimilable.

Les racines jouent un rôle primordial. Elles aèrent le sol et sécrètent des composés organiques qui seront assimilés par les organismes du sol en particulier les champignons. Grâce à un réseau de filaments presque infinis ces champignons sont des pros du ravitaillement des plantes.

Un sol vivant est également un sol qui a une capacité de rétention d’eau et qui donc, est capable de fournir de l’eau quand on le voit plus en apparence. Il y a encore au sein des agrégats de l’eau que les racines vont pouvoir intercepter.

Le sol vivant se pratique aussi bien sur des petites surfaces que dans les grandes exploitations céréalières. Dans ces dernières, il s’agit de la méthode du semis direct sous couvert annuel ou permanent. Dans la Nièvre, le groupe Magellan organisée en groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) rassemble des agriculteurs qui travaillent et expérimentent les techniques de semis sous couvert permanent ou annuel dans le but de réduire l’utilisation des engrais et des herbicides. A sa création en 2015, ils étaient 6, ils sont 29 maintenant .

Intervenants :
• Arnaud Bayle de l’ADATER, l’Association d’Éducation à l’Environnement en Val d’Allier, Le Veurdre (03) – adater.org • Yann Labuche de Terre d’Humus – www.terredhumus.fr • Alain Krebs, chef de culture à Suilly-la-Tour (58) et président du Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental Magellan.

Pour aller plus loin :
Jardiner sur sol vivant par Gilles Domenech, éditions Larousse Les clés d’un sol vivant par Blaise Leclerc, éditions Terre vivante.

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Contrairement à l’eau et à l’air, les sols ne font l’objet d’aucune protection juridique. Avec l’Appel du Sol, France Nature Environnement s’est engagée dans une initiative citoyenne européenne pour exiger que les lois protègent cet incroyable milieu. www.lappeldusol.fr

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