Chasse : « Monsieur le président, baissez les armes »

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Chasse : « Monsieur le président, baissez les armes »

Depuis le 8 janvier, le gouvernement a ouvert une consultation publique sur le prolongement d’un mois de la chasse aux oies cendrées. Ce nouveau « cadeau » offert aux chasseurs contrevient aux directives européennes qui interdisent de chasser pendant la période de reproduction, explique dans une tribune au « Monde » Allain Bougrain-Dubourg.

Par Allain Bougrain Dubourg Publié hier à 17h57, mis à jour hier à 17h57

« Lors d’une précédente consultation sur les chasses traditionnelles, en juillet 2018, les avis condamnant ces pratiques ont été à plus de 95 % défavorables à ces pratiques. Que fit le ministère ? Il les a maintenues, conformément à la volonté du chef de l’Etat »

Tribune. La détermination est une qualité, l’obstination un défaut. A force de s’obstiner à vouloir faire des cadeaux aux chasseurs, le président Macron va finir par y laisser des plumes.

Tout commence en décembre 2017, à Chambord, lorsque, la nuit venue, le président de la République s’engage, devant un parterre de cadavres de sangliers, à satisfaire les désirs du monde cynégétique. A l’occasion de son anniversaire, il se montre généreux. Les chasses présidentielles, abolies par Jacques Chirac en 1995, vont renaître de leurs cendres. On décide même que la première se déroulera lors d’une invitation au gouvernement italien, à l’occasion du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci.

L’esprit éclairé qui a imaginé une telle célébration a omis un détail : le brave Léonard était végétarien et figure parmi les ardents défenseurs de la condition animale. On lui prête cette prémonition : « Ce qui est aujourd’hui considéré comme un crime pour l’homme le sera demain pour l’animal. » Pas sûr que lui rendre hommage cinq siècles plus tard par une invitation à tuer soit du meilleur goût.

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