Nourrissage des oiseaux : STOP !

Publié le Mis à jour le

Ainsi, nous vous conseillons de nourrir les oiseaux uniquement en période de froid prolongé, soit en général au plus tôt de la mi-novembre à la mi-mars et au maximum jusqu’à fin mars. Bien avant que le printemps ne s’installe, les oiseaux commencent déjà à établir leur territoire et recherchent la cavité où ils pondront leurs œufs. Aux beaux jours débute la construction des nids.S’il est alors tentant de les attirer aux mangeoires pour mieux les observer, la mise à disposition de nourriture n’est plus nécessaire, la nature fournissant suffisamment d’aliments « de saison » à l’avifaune, y compris dans les villes. Continuer de nourrir les oiseaux peut même devenir contre-productif et leur nuire.

IL EST URGENT DE STOPPER TOUT APPORT DE NOURRITURE :  Cet arrêt est important car les lipides des graines ou des boules ne graisse ne sont pas adaptés aux futurs poussins qui doivent être nourris exclusivement de protéines, de nombreuses espèces étant insectivores à cette période. D’autre part, la dépendance à un lieu précis de nourrissage doit cesser pour inciter les oiseaux à chercher par eux-mêmes la nourriture la plus adéquate à leur biologie. En revanche, l’apport d’eau est utile tout au long de l’année (bassin, mare, abreuvoir artificiel…)

 

Les risques pour les oiseaux

  • Transmission de maladies

En période chaude où la prédominance des maladies est plus forte qu’en hiver, le rassemblement d’individus de différentes espèces autour des points de nourrissage favorise la propagation des infections telles que la salmonellose (verdiers, pinsons) et celle des parasites.

  • Augmentation de la prédation

Le nourrissage fait augmenter les taux de prédation par des animaux sauvages (Épervier d’Europe) ou par le chat de la maison.

  • D’importantes perturbations physiologiques

Beaucoup de jeunes oiseaux sont insectivores au cours du printemps et un nourrissage prolongé peut perturber leurs habitudes alimentaires alors qu’ils doivent justement apprendre à se nourrir par eux-mêmes en capturant des insectes. Plusieurs études montrent que des couples ayant accès à plus de nourriture pondent plus tôt. La demande énergétique des poussins est ainsi décalée par rapport au pic de disponibilité alimentaire (les chenilles, les insectes volants…) ce qui peut entraîner une surmortalité juvénile

  • Enfin, une altération de la composition de la communauté aviaire

Toutes les espèces ne bénéficient pas équitablement du nourrissage, que ce soit en hiver ou en période de reproduction. Si la mise à disposition de suppléments alimentaires est susceptible d’augmenter les densités de quelques espèces, il est aussi possible qu’elle réduise en parallèle, à travers un processus de compétition, les densités d’autres espèces.

CB (d’après site LPO France)