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La FONCTION DES CORRIDORS ÉCOLOGIQUES

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L’érosion de la biodiversité
La première cause est l’atteinte aux milieux de vie des espèces. C’est une question de surface et d’isolement. Les réserves naturelles sont des espaces réduits, aux effectifs souvent insuffisants d’où des phénomènes de consanguinité et des épidémies . Ce phénomène d’extinction s’accélère avec le réchauffement climatique.
Les barrières (obstacles) à la libre circulation des espèces

  • Agglomérations urbaines
  • Voies routières et autoroutières
  • Voies ferrées et LGV
  • Champs d’éoliennes, lignes à haute tension
  • Pratiques agricoles et forestières
  • Sur les rivières : seuils, barrages, écluses, moulins, étangs, ouvrages de franchissement des infrastructures, autant d’obstacles plus ou moins franchissables pour les organismes aquatiques, qui contrarient également le transit des sédiments (avec les conséquences d’enfoncement du lit à la clé)

Deux exemples des conséquences négatives de la fragmentation des paysages
Le puma de l’Est américain (le couguar) déclaré officiellement éteint par les États-Unis, le 2 mars 2011
Plus que 3500 tigres dans un habitat réduit et fragmenté (42 « sites-ressources »)

Le remède consiste donc à maintenir des échanges réguliers entre populations de la même espèce, afin d’éviter l’enchaînement suivant :

  • réduction de la taille de la population
  • diminution de la diversité génétique
  • baisse du pouvoir adaptatif
  • augmentation de la mortalité

Les apports de l’écologie du paysage : le modèle tache/matrice/corridor

On distingue des taches ou réservoirs de biodiversité sur un fond du paysage appelé matrice (parcelles de cultures, prairies, couvert forestier, tissu urbain…). Les corridors quand ils existent, relient les taches entre elles et irriguent la matrice. Exemple des corridors de haies qui relient des lambeaux de forêt entre eux. Le plus souvent organisés en réseau, les corridors assurent les déplacements des espèces animales et végétales.
La vie est déplacement

Dès l’origine de la vie, s’est posée la question de l’espace vital

  • L’exemple du couloir de migration de la Grue cendrée

– jalonné de haltes migratoires donc d’habitats propices pour son ravitaillement en cours de route

– qui conduit la population vers des aires d’hivernage qui doivent être favorables

  • Le cas des amphibiens, des animaux liés à l’eau :

– qui effectuent des déplacements vers les mares ou les étangs où ils sont nés, pour se reproduire

– qui retournent vers les milieux terrestres où ils passeront l’hiver, d’où une mortalité importante lors de la traversée des routes. Alors que leurs habitats se raréfient et qu’ils sont particulièrement sensibles aux pollutions.
Préserver et rétablir les continuités écologiques
C’est l’objectif de la Trame Verte et Bleue (la TVB). Elle comprend le réseau terrestre (trame verte) et le réseau aquatique (trame bleue). Comme elle s’intéresse à la nature dans son ensemble, elle tient compte aussi à la nature dite ordinaire.
On distingue trois types de corridors :

  • Linéaires : haies, ripisylves, bandes enherbées le long des cours d’eau et cours d’eau eux-mêmes.
  • En « pas Japonais » ou discontinus : chapelet de mares, de bosquets, d’étangs pour les oiseaux migrateurs…
  • Paysagers : qui font participer la matrice.

Les fonctions des corridors écologiques

  • Ils assurent la liaison entre les habitats
  • Ce sont des voies de déplacement des espèces sauvages
  • Des voies de déplacement y compris humains : une chance pour connecter les zones urbaines, péri-urbaines et rurales.
  • Mais ces voies de déplacement peuvent être aussi des barrières pour d’autres espèces : une haie peut être haute, dense, stratifiée… et elle ne jouera pas le même rôle pour un Hérisson ou un papillon.

Les difficultés pour repérer les corridors
Les réservoirs de biodiversité sont généralement bien connus, mais les corridors le sont beaucoup moins. Leur fonctionnalité exige de connaître les besoins et les capacités de dispersion de chaque espèce au regard du long terme (le corridor de l’écureuil n’est pas le même que celui d’un insecte).

 

En conclusion

  • La protection de la nature a commencé à s’intéresser à la protection des espèces. Très rapidement, il est devenu évident qu’il fallait protéger les habitats et aujourd’hui il semble indispensable de rétablir les continuités écologiques.

  • La TVB est un outil d’aménagement du territoire qui doit mettre en synergie les différentes politiques de préservation de la biodiversité.

  • Il est nécessaire d’améliorer le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils rendent.

  • C’est une chance pour restaurer la biodiversité. Il y a toutefois un gros handicap à la mise en place de la TVB : le déficit de connaissances écologiques et le manque de naturalistes de terrain.

Alain FAVROT

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