Presse et Environnement

La LPO fait suspendre la chasse du courlis

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La LPO fait suspendre la chasse du courlis

Une bonne nouvelle pour cet oiseau inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Courlis cendré (Numenius arquata) - Crédit photo : Aurélien Audevard

Courlis cendré (Numenius arquata) – Crédit photo : Aurélien Audevard

Par arrêté signé le 31 juillet 2019, la ministre Elizabeth Borne autorisait la chasse de 6 000 Courlis cendrés, une décision prise au mépris des scientifiques et des citoyens et sans tenir compte du mauvais état de conservation de cette espèce de limicole chassable.

Dès sa publication, la LPO a attaqué l’arrêté moratoire et demandé sa suspension d’urgence, la chasse au Courlis cendré ayant débuté le samedi 3 août 2019 sur l’ensemble du territoire.

Le Conseil d’Etat vient de suspendre cet arrêté. Cette décision a un effet immédiat et produira effet jusqu’au jugement de l’affaire sur le fond par le Conseil d’Etat.

Par ailleurs, la Tourterelle des bois fournit un autre exemple consternant du non-respect de la biodiversité : la ministre en charge de l’Ecologie s’apprête à prendre un arrêté pour tuer 30 000 individus alors que l’espèce est menacée d’extinction au niveau mondial !

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Le Conseil d’Etat vient de rappeler le gouvernement à ses obligations s’agissant du Courlis cendré. Nous attendons maintenant avec inquiétude et détermination la décision de la ministre sur la Tourterelle des bois. Inquiétude car il y a fort à craindre qu’elle autorisera à nouveau la chasse d’une espèce en très mauvais état de conservation; détermination car toutes ces décisions incompréhensibles nourrissent la plainte de la LPO au niveau européen ».

Consulter l’ordonnance

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Le GIEC confirme que les pratiques agricoles et forestières actuelles conduisent à une catastrophe climatique

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Un rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montre que l’agriculture, l’exploitation forestière et l’industrie agro-alimentaire sont responsables de plus d’un cinquième des émissions responsables du changement climatique, en remplaçant les environnements naturels par des plantations et des champs et en dégradant les habitats naturels restants tels que les forêts et les zones humides.

Coquelicot (Papaver rhoeas) - Crédit photo : E. Champion

Coquelicots (Papaver rhoeas) – Crédit photo : E. Champion

Environ un tiers des terres émergées et plus de 70% des ressources en eau douce sont aujourd’hui consacrés à la production végétale ou animale. Des changements urgents et radicaux dans la consommation, la production et l’utilisation des terres sont indispensables pour éviter une catastrophe mondiale.

Le rapport, rédigé par 103 experts de 52 pays, démontre clairement que l’agriculture industrielle doit être transformée pour inclure des pratiques plus durables qui reconstruisent le carbone des sols, la végétation naturelle et la biodiversité. En parallèle, les consommateurs doivent également réduire leur consommation de viande et de produits laitiers, en particulier dans les régions où ces produits sont fortement surconsommés.

Réformer la PAC

L’Union Européenne consacre 58 milliards d’euros au financement d’une politique agricole commune (PAC) néfaste pour la nature. Conçue à l’origine pour assurer la sécurité alimentaire en Europe, elle produit aujourd’hui l’effet inverse. La PAC actuelle consacre la majeure partie de son budget à des formes d’agriculture non durables qui entraînent des émissions de gaz à effet de serre, une perte de biodiversité et un effondrement des écosystèmes.

Le rapport confirme également que la bioénergie n’est pas une alternative acceptable aux combustibles fossiles. Le changement d’utilisation des sols pour la bioénergie augmente considérablement la pression sur les ressources en terres et en eau, avec des conséquences potentiellement irréversibles sur la sécurité alimentaire et la dégradation des sols.

Enfin, le rapport indique clairement que la restauration de la nature à grande échelle, en particulier des tourbières, des zones humides, des forêts naturelles et des prairies, doit devenir une priorité mondiale afin de rétablir les habitats de la biodiversité et les stocks de carbone tout en améliorant la rétention d’eau.

Ariel Brunner, BirdLife Europe:

«Chaque nouvelle étude le confirme : le temps presse pour réformer notre système agricole. Et pourtant, nous investissons toujours des dizaines de milliards d’euros dans la PAC, un système pervers qui finance la destruction de la nature et l’appauvrissement des terres dont dépend notre avenir et celui de l’agriculture. »

Aidez-nous à empêcher la chasse d’oiseaux en danger

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Donnez votre avis sans plus attendre !

Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) - Crédit photo : Aurélien Audevard

Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) – Crédit photo : Aurélien Audevard

Le Ministère de la transition écologique et solidaire veut autoriser la chasse de 30 000 Tourterelle des bois, de 6 000 Courlis cendré pour la saison 2019-2020 en France métropolitaine. En revanche et heureusement il prévoit de suspendre la chasse de la Barge à queue noire mais pour un an seulement !

Pour la Tourterelle des bois et le Courlis cendré, nous vous invitons à donner un avis défavorable.

Pour la Barge à queue noire, nous vous invitons à donner un avis favorable au moratoire sur la chasse de la barge à queue noire en demandant que sa durée soit portée à trois ans, au lieu d’une seule année.

Vous trouverez pour chaque espèce le lien vers la consultation, ainsi que des éléments de compréhension et de réponse dont vous pourrez vous inspirer. Chaque témoignage doit être personnel. La consultation se termine le 25 juillet.

Merci pour votre mobilisation !


En mars 2019, le ministère se félicitait de la création d’un Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA) qui devait examiner les possibilités de prélèvements de la Tourterelle des bois, du Courlis cendré et de la Barge à queue noire en fonction de l’état de conservation de ces populations. Après examen de l’ensemble des éléments, le CEGA a rendu ses avis sur les trois espèces. Peu soucieux des éléments scientifiques justifiant l’arrêt de la chasse à la Tourterelle des bois et du Courlis cendré le ministère n’a suivi aucun des avis de ce groupe d’experts. Le ministère ne fait que répondre à « la commande de la Fédération nationale des chasseurs » qui avait soutenu Macron aux élections européennes de mai dernier.

Pour la Tourterelle des bois

En raison du déclin prononcé de sa population (-80% despuis 1980 en Europe, -48% depuis 2001 en France), l’espèce est classée dans la catégorie « Vulnérable » de la liste des espèces menacées de disparition de l’UICN. Le plan d’action international de l’espèce 2018-2028, démontre clairement que les prélèvements sur l’Ouest de l’Europe sont non soutenables pour la population qui doit, en plus de la destruction/dégradation de son habitat (bocage…), supporter un prélèvement de près d’1,1 million d’individus en Espagne, France, Portugal et Italie. Le CEGA a, compte tenu des paramètres démographiques de la population, préconisé dans son avis au ministère la mise en place d’un moratoire temporaire des prélèvements de cette espèce (suspension de sa chasse).

C’est donc un quota ZERO et non 30 000 oiseaux qu’il faut instaurer pour tenter de sauver l’espèce et le projet d’arrêté soumis à consultation ignore totalement l’avertissement/l’exhortation du comité d’experts.

Dites non au projet d’arrêté autorisant la chasse de 30 000 Tourterelles des bois et exiger la suspension totale de sa chasse (quota= 0).

Le Courlis cendré

En raison du déclin prononcé de sa population (-43% depuis 1980 en Europe, -68% depuis 2001 en France), l’espèce est aussi classée dans la catégorie « Vulnérable » de la liste des espèces menacées de disparition de l’UICN en Europe. Le plan d’action international pour la conservation de la population européenne de Courlis cendré demande à la France depuis 2015 de mettre en place une gestion adaptative des prélèvements de cette espèce menacée. A défaut, le plan international recommande à la France d’appliquer un moratoire total sur la chasse du Courlis cendré. Le comité d’experts,  dans son avis, préconise un arrêt de la chasse de cette espèce menacée d’autant que qu’il n’y aucune donnée qui permette d’apprécier l’origine et l’âge des individus prélevés, ains que sur les tableaux de prélèvements annuels du courlis (obligatoires pour tous les limicoles chassés sur le domaine public maritime). Les chasseurs ont refusé de faire remonter les informations depuis 2015 sur les données indispensables à l’étude de la soutenabilité des prélèvements sur la population. Le gouvernement leur donne cette année encore raison. Le Courlis cendré est un limicole très sensible à la chasse (espèce longévive à maturité sexuelle tardive et faible fécondité). La France est ainsi le dernier pays d’Europe a encore chasser cette espèce. Les efforts des pays européens d’où sont originaires une partie de nos hivernants (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Scandinavie et Pologne) pour tenter de redresser le succès reproducteur de leurs populations, altéré par la destruction/dégradation de leurs habitats, ne peuvent être ainsi piétinés : l’espèce se porte mal en Europe, nous ne pouvons continuer de chasser le Courlis cendré !

C’est donc un quota ZERO et non 6 000 oiseaux qu’il faut instaurer pour ne pas nuire à la conservation de l’espèce et le projet d’arrêté soumis à consultation ignore totalement  les recommandations du comité d’experts.

Dites non au projet d’arrêté autorisant la chasse de 6 000 Courlis cendrés et exiger la suspension totale de sa chasse (quota= 0) sur tout le territoire.

La Barge à queue noire

En raison du déclin prononcé de la sous-espèce continentale de Barge à queue noire (Limosa limosa limosa), l’ensemble des pays de la voie de migration se sont engagés dans le plan international d’action de l’AEWA, reconduit en décembre 2018 pour une période de 10 ans, à ne plus ni chasser la sous-espèce continentale, ni la sous-espèce islandaise (L. l. islandica) de Barge à queue noire. Le Comité d’expert, dans son avis, donne une possibilité aux chasseurs de prélever 300 individus de la sous-espèce islandaise en limitant la période d’ouverture de la chasse à novembre décembre pour minimiser le risque de prélever des individus de la sous-espèce continentale. Le ministère, selon ses obligations internationales, a préféré renouveler d’un an le moratoire sur la chasse de l’espèce juste pour avoir le temps de renégocier son engagement à l’international. Ceci n’est pas assez : le moratoire doit être reconduit sur une durée minimale de 3 ans. Les dernières saisons de reproduction de la Barge à queue noire en Islande ne sont pas rassurantes pour la population qui pourrait suivre le déclin de la population continentale. Les pressions et menaces que connaissent les limicoles prairiaux en Europe commencent à sévir également en Islande. Cette population qui a fortement progressé en profitant du changement climatique ne semble plus dans la même dynamique.

C’est donc un quota ZERO sur 3 ans (et non 1 an) qu’il faut instaurer pour ne pas nuire à la conservation de l’espèce.

Dites « OUI MAIS 3 ANS » au projet d’arrêté suspendant la chasse de la Barge à queue noire pour une seule année.

Le gouvernement prépare une série de texte en faveur de la chasse et au détriment de la nature

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LE GOUVERNEMENT PREPARE UNE SERIE DE TEXTES

EN FAVEUR DE LA CHASSE ET AU DETRIMENT DE LA NATURE

 

Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage a examiné ce mardi 2 juillet 2019 des arrêtés, la plupart en faveur de la chasse et au détriment de la faune sauvage.

Composé majoritairement de représentants du monde de la chasse, de l’agriculture, et des représentants de l’Etat allant dans le même sens(*), le CNCFS a donné un avis favorable à la plupart de ces mesures.

Nos associations vont mobiliser les citoyens Français à l’occasion des consultations publiques en ligne, et saisiront les tribunaux compétents si besoin.

Tourterelle des bois, Coulis cendré, des espèces menacées toujours chassables

La tourterelle des bois a perdu 80% de ses effectifs. Elle est inscrite sur la liste rouge de l’UICN comme une espèce en danger au niveau mondial. Sous prétexte de « gestion adaptative », le gouvernement prévoit de laisser chasser 30.000 oiseaux cette année encore. Et ce en dépit de l’avis du Conseil d’experts de la gestion adaptative (CEGA) créé à cet effet, qui avait recommandé de suspendre la chasse, et de la demande de moratoire faite par l’Europe aux Etats membres en 2018.

Il est en outre inadmissible que le gouvernement se soit appuyé, selon ses propres termes, sur « L’avis minoritaire des 6 experts désignés par la FNC » pour prendre sa décision. Il reconnait ainsi que les experts en question ont été imposés pour faire partie du Conseil, et non pas retenus par le Ministre pour leurs compétences propres conformément à l’arrêté constitutif. En faisant part de leurs avis personnels, émis sans aucune confrontation avec les autres scientifiques dudit conseil, et en refusant de communiquer les contre arguments scientifiques émis en réponse par le CEGA, le gouvernement fait part d’un parti pris inacceptable.

La France est le dernier pays à autoriser la chasse au Courlis cendré et à la Barge à queue noire, deux limicoles également menacés et inscrits de fait sur les listes rouges de l’UICN. Le Courlis était jusqu’alors chassé sur le seul domaine public maritime. Le CEGA a recommandé de stopper sans plus attendre sa chasse. Non content d’autoriser quand même le tir de 6 000 oiseaux, le gouvernement s’apprête à étendre sa chasse sur l’ensemble du territoire. Seule la Barge à queue noire s’en sort bien, avec une proposition de moratoire, mais pour un an seulement.

Chasses traditionnelles : les pratiques cruelles et non sélectives vont perdurer

Le gouvernement s’apprête à reprendre les arrêtés permettant de piéger les oiseaux dans le Massif central (grâce aux lecques, des pierres plates qui les écrasent), en PACA (grâce à la glu qui colle les merles et les grives), dans le Sud-Ouest (grâce aux matoles et aux filets qui capturent les alouettes), et dans le département des Ardennes (grâce aux collets qui étranglent les grives, les vanneaux et les pluviers).

Sanglier : bientôt chassé 10 mois sur 12

Alors que le sanglier est déjà chassé du 1er juin au 28 février, le gouvernement s’apprête à prolonger la chasse, y compris en battue, jusqu’à la fin du mois de mars. Avec des conséquences catastrophiques de dérangement sur les autres espèces en pleine période de migration. Il ne resterait plus que deux mois sans chasse pour autres usagers de la nature.

Nos associations demandent au gouvernement de prendre enfin la mesure de l’effondrement de la biodiversité attesté par les scientifiques de l’IPBES en stoppant sans plus tarder la chasse des espèces en mauvais état de conservation et de ne reconnaître pour appuyer ses décisions que les avis votés par le CEGA, institution qu’il a officiellement mis en place et qu’il a à ce titre la charge de défendre. Elles s’interrogent sur la composition et le fonctionnement du CNFCS, chambre d’enregistrement des doléances cynégétiques pour chasser toujours plus d’espèces toujours plus longtemps.

 

(*) La LPO, FNE et H&B sont les seules ONG présentes au CNCFS

Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts

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Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts

Ensemble mobilisons-nous avant le 27 juin pour modifier la liste des mammifères et des oiseaux qui pourront être tirés et piégés dans de terribles conditions.

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée - Crédit photo : Gilles BentzLa belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée – Crédit photo : Gilles Bentz

Le ministère de l’écologie vient d’ouvrir une consultation relative aux « espèces d’animaux classés susceptibles d’occasionner des dégâts ». Qui sont-ils ? Les plus connus sont le renard, le corbeau, la pie et la belette.

Vous avez jusqu’au 27 juin pour donner votre avis. Nous vous invitons à remettre en question la liste proposée. Voici des arguments pour vous aider à rédiger vos propres commentaires.  Lien vers la consultation.

Un texte rétrograde  

L’arrêté aurait dû être modernisé en tenant compte des évolutions des mentalités et demandes sociétales : souffrance animale et conditions de piégeage, déclin de la biodiversité dans son ensemble, désuétude de la distinction entre animaux utiles et nuisibles… Ce n’est pas le cas, loin de là. Est-il par exemple normal au 21e siècle d’autoriser la destruction des espèces en période de dépendance des jeunes ?

Un classement fondé sur des dégâts non avérés ou obsolètes

Les critères de classement des espèces reposent sur la réglementation en vigueur, selon laquelle une espèce doit avoir commis des dégâts importants et actuels pour motiver le classement.

Il faut aussi prendre en compte la jurisprudence du Conseil d’Etat selon laquelle « les dommages peuvent être considérés comme significatifs si leur montant avoisine 10 000€ par an, pour l’espèce et le département considéré ».

Dans le cas présent, le projet d’arrêté maintien de nombreuses espèces sur les listes alors que les dégâts ne sont pas avérés pour les trois dernières années.

Des déclarations prises pour argent comptant

On est en droit de s’interroger sur la véracité des dégâts ou de l’identification des espèces concernées. Qui fait la différence entre les dégâts causés par une fouine et ceux commis par une martre ? Entre une Corneille noire et un Corbeau freux ? L’Etat se contente d’enregistrer des déclarations sans pouvoir en vérifier le fondement, pas plus que la sincérité des montants déclarés.

Une efficacité des régulations jamais démontrée

Aucun élément ne vient démontrer que les destructions massives des dernières années ont effectivement permis de réduire les dégâts économiques. L’impact négatif de ces destructions de grande ampleur n’est jamais évalué non plus. L’argument selon lequel « les dégâts auraient sans doute été pires » en l’absence de régulation n’est pas étayé. Il ne tient pas compte des dynamiques de population des dites espèces, de leurs comportements territoriaux…

La destruction d’espèces utiles aux écosystèmes

La réglementation ne tient pas non plus compte du rôle positif que ces espèces peuvent avoir (prédation rongeurs…).

Ainsi, tous les départements sauf les 92, 93 et 94 font figurer le renard sur la liste. Près d’un million de renards sont tués chaque année en France (entre 400 000 et 470 000 par tir selon l’étudede l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de 2013-2014, 200 000 par piégeage et autant sur les routes). Cette destruction massive et indifférenciée, sans rapport avec la présence d’élevages, n’est pas efficiente, comme l’ont montré les dernières études de l’ONCFS. Pire, elle est sans doute contre-productive puisqu’elle prive l’agriculture d’un allié de poids : chaque renard consomme environ 4 000 micromammifères par an, dont nombre de campagnols des champs.  Lorsque les prédateurs naturels ont été détruits, l’agriculture lutte contre les rongeurs en utilisant des produits chimiques tels que la Bromadiolone qui pose de nombreux problèmes sur toute la chaine trophique.

L’impact de la destruction des carnivores, pourtant alliés de l’agriculture par la consommation de nombreux rongeurs, n’est pas évalué, ni en termes économiques, ni en termes de santé (utilisation de raticides, facilitation de la diffusion de certaines maladies comme la maladie de Lyme etc.).

Autre exemple, le Geai des chênes, il est proposé de l’inscrire dans 7 départements, contre 4 précédemment, alors qu’il n’y a aucun dégât avéré, pas de présence significative de l’espèce dans les départements en question. Le geai des chênes est pourtant le premier « forestier » de France par le nombre d’arbres plantés (cet oiseau a l’habitude de cacher les graines et d’en oublier un certain nombre).

La destruction d’espèces menacées sur notre territoire

Deux départements (pour le putois) et un (pour la belette) continueraient à piéger et détruire par tir ces deux mustélidés : leur maintien sur la liste nationale n’a plus de raison d’être. Ces animaux doivent être classés sur la liste des espèces protégées, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays d’Europe.

Le Président de la fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais qui est aussi le Président de la Fédération nationale des chasseurs, a obtenu le classement de la belette et du putois dans son département. Cela en dit long sur les lobbies cynégétiques toujours à l’œuvre en France et la volonté de leurs dirigeants de faire perdurer un système archaïque.

Pourtant, le classement du putois est une hérésie : l’espèce a connu un fort déclin ces dernières années, en raison de la régression de son habitat naturel, les zones humides. Cette situation a conduit l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le Muséum National d’Histoire Naturelle à classer l ‘espèce sur la liste rouge des mammifères menacés en France et à demander d’urgence des mesures propres à assurer sa protection. Or, le tir et le piégeage contribuent à le fragiliser : plus de 6 000 putois sont tués chaque année. Stopper ces pratiques est une mesure simple à mettre en œuvre et dont les effets sont immédiats.

Il en est de même pour la belette, espèce discrète dont l’état des populations est mal connu. Sa présence sur la liste nationale des espèces susceptibles de causer des dégâts n’est pas justifiée. La prédation de l’espèce sur les élevages est marginale et les mesures de protection des poulaillers sont simples à mettre en œuvre. Au contraire, la belette est extrêmement utile car elle se nourrit essentiellement de rongeurs, qu’elle contribue à réguler.

Merci pour votre mobilisation.

Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces « nuisibles »

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Ensemble mobilisons-nous avant le 27 juin pour modifier la liste des mammifères et des oiseaux qui pourront être tirés et piégés dans de terribles conditions.

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée - Crédit photo : Gilles Bentz

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée – Crédit photo : Gilles Bentz

Le ministère de l’écologie vient d’ouvrir une consultation relative aux animaux classés nuisibles. Ne soyons pas dupes, le terme a été remplacé par « espèces d’animaux classés susceptibles d’occasionner des dégâts », il n’en reste pas moins que l’Etat leur fait la guerre. Qui sont-ils ? Les plus connus sont le renard, le corbeau, la pie et la belette.

Vous avez jusqu’au 27 juin pour donner votre avis. Nous vous invitons à remettre en question la liste proposée. Voici des arguments pour vous aider à rédiger vos propres commentaires.  Lien vers la consultation.

Un texte rétrograde  

L’arrêté aurait dû être modernisé en tenant compte des évolutions des mentalités et demandes sociétales : souffrance animale et conditions de piégeage, déclin de la biodiversité dans son ensemble, désuétude de la distinction entre animaux utiles et nuisibles… Ce n’est pas le cas, loin de là. Est-il par exemple normal au 21e siècle d’autoriser la destruction des espèces en période de dépendance des jeunes ?

Un classement fondé sur des dégâts non avérés ou obsolètes

Les critères de classement des espèces reposent sur la réglementation en vigueur, selon laquelle une espèce doit avoir commis des dégâts importants et actuels pour motiver le classement.

Il faut aussi prendre en compte la jurisprudence du Conseil d’Etat selon laquelle « les dommages peuvent être considérés comme significatifs si leur montant avoisine 10 000€ par an, pour l’espèce et le département considéré ».

Dans le cas présent, le projet d’arrêté maintien de nombreuses espèces sur les listes alors que les dégâts ne sont pas avérés pour les trois dernières années.

Des déclarations prises pour argent comptant

On est en droit de s’interroger sur la véracité des dégâts ou de l’identification des espèces concernées. Qui fait la différence entre les dégâts causés par une fouine et ceux commis par une martre ? Entre une Corneille noire et un Corbeau freux ? L’Etat se contente d’enregistrer des déclarations sans pouvoir en vérifier le fondement, pas plus que la sincérité des montants déclarés.

Une efficacité des régulations jamais démontrée

Aucun élément ne vient démontrer que les destructions massives des dernières années ont effectivement permis de réduire les dégâts économiques. L’impact négatif de ces destructions de grande ampleur n’est jamais évalué non plus. L’argument selon lequel « les dégâts auraient sans doute été pires » en l’absence de régulation n’est pas étayé. Il ne tient pas compte des dynamiques de population des dites espèces, de leurs comportements territoriaux…

La destruction d’espèces utiles aux écosystèmes

La réglementation ne tient pas non plus compte du rôle positif que ces espèces peuvent avoir (prédation rongeurs…).

Ainsi, tous les départements sauf les 92, 93 et 94 font figurer le renard sur la liste. Près d’un million de renards sont tués chaque année en France (entre 400 000 et 470 000 par tir selon l’étudede l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de 2013-2014, 200 000 par piégeage et autant sur les routes). Cette destruction massive et indifférenciée, sans rapport avec la présence d’élevages, n’est pas efficiente, comme l’ont montré les dernières études de l’ONCFS. Pire, elle est sans doute contre-productive puisqu’elle prive l’agriculture d’un allié de poids : chaque renard consomme environ 4 000 micromammifères par an, dont nombre de campagnols des champs.  Lorsque les prédateurs naturels ont été détruits, l’agriculture lutte contre les rongeurs en utilisant des produits chimiques tels que la Bromadiolone qui pose de nombreux problèmes sur toute la chaine trophique.

L’impact de la destruction des carnivores, pourtant alliés de l’agriculture par la consommation de nombreux rongeurs, n’est pas évalué, ni en termes économiques, ni en termes de santé (utilisation de raticides, facilitation de la diffusion de certaines maladies comme la maladie de Lyme etc.).

Autre exemple, le Geai des chênes, il est proposé de l’inscrire dans 7 départements, contre 4 précédemment, alors qu’il n’y a aucun dégât avéré, pas de présence significative de l’espèce dans les départements en question. Le geai des chênes est pourtant le premier « forestier » de France par le nombre d’arbres plantés (cet oiseau a l’habitude de cacher les graines et d’en oublier un certain nombre).

La destruction d’espèces menacées sur notre territoire

Deux départements (pour le putois) et un (pour la belette) continueraient à piéger et détruire par tir ces deux mustélidés : leur maintien sur la liste nationale n’a plus de raison d’être. Ces animaux doivent être classés sur la liste des espèces protégées, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays d’Europe.

Le Président de la fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais qui est aussi le Président de la Fédération nationale des chasseurs, a obtenu le classement de la belette et du putois dans son département. Cela en dit long sur les lobbies cynégétiques toujours à l’œuvre en France et la volonté de leurs dirigeants de faire perdurer un système archaïque.

Pourtant, le classement du putois est une hérésie : l’espèce a connu un fort déclin ces dernières années, en raison de la régression de son habitat naturel, les zones humides. Cette situation a conduit l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le Muséum National d’Histoire Naturelle à classer l ‘espèce sur la liste rouge des mammifères menacés en France et à demander d’urgence des mesures propres à assurer sa protection. Or, le tir et le piégeage contribuent à le fragiliser : plus de 6 000 putois sont tués chaque année. Stopper ces pratiques est une mesure simple à mettre en œuvre et dont les effets sont immédiats.

Il en est de même pour la belette, espèce discrète dont l’état des populations est mal connu. Sa présence sur la liste nationale des espèces susceptibles de causer des dégâts n’est pas justifiée. La prédation de l’espèce sur les élevages est marginale et les mesures de protection des poulaillers sont simples à mettre en œuvre. Au contraire, la belette est extrêmement utile car elle se nourrit essentiellement de rongeurs, qu’elle contribue à réguler.

Merci pour votre mobilisation.

Comment préserver les sternes, oiseaux nichant sur les bords de Loire ? Un arrêté fixe la conduite à tenir

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Comment préserver les sternes, oiseaux nichant sur les bords de Loire ? Un arrêté fixe la conduite à tenir

Depuis un mois environ, les sternes sont revenues nicher le long de la Loire et l’Allier. Préfètes du Cher et de la Nièvre viennent de signer un arrêté pour les protéger. Voici les principales interdictions et recommandations fixées par cette réglementation.

 

Lire la suite :  https://www.lejdc.fr/nevers-58000/actualites/comment-preserver-les-sternes-oiseaux-nichant-sur-les-bords-de-loire-un-arrete-fixe-la-conduite-a-tenir_13571712/

Protections des sternes : c’est le moment !

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Outre des comptages centrés sur le week-end du 8 et 9 juin (contactez nous pour plus d’infos !), la LPO Nièvre et les conservateurs de la RNVL ont organisés un point presse pour continuer de sensibiliser les habitués des bords de Loire ou d’Allier à la protection des sites de nidification. L’occasion de présenter les panneaux signifiant les arrêtés de protection qui seront posés aux abords des colonies répertoriées.

L’ile aux sternes, à Nevers, principal site de reproduction pour la Nièvre, est l’objet de toute les attentions.

Accédez au reportage de France3 BFC  en cliquant ici

Pour autant, alors que plus d’une centaine d’oiseaux sont installés sur le site,  les premiers dérangements ont déjà été constatés comme l’atteste cette photo d’un pêcheur que les panneaux d’interdiction ne semble pas concerner …

©JL.Dupuy – 31 mai 2019

Biodiversité : Les solutions sont connues, place à l’action !

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Biodiversité : Les solutions sont connues, place à l’action

 

Aujourd’hui, les constats concernant la menace climatique et la dégradation de la biodiversité sont pourtant unanimes. Il serait irresponsable de poursuivre des politiques au rabais, ou pire des politiques d’affichage sans efficacité réelle. L’heure n’est plus aux « chartes » non contraignantes ! La France doit se doter d’une ambitieuse stratégie interministérielle, avec des moyens dédiés et des objectifs chiffrés et phasés. Les grands axes des politiques nécessaires sont connus, il reste à les rendre opérationnels :

 

  • Lutter contre l’artificialisation des sols

  • Développer un réseau cohérent d’espaces naturels protégés appuyant une politique de trame verte et bleue exigeante quant aux documents d’urbanisme

  • Réorienter dans la prochaine Politique Agricole Commune les pratiques agricoles vers l’agroécologie et l’agriculture biologique via des conditionnalités environnementales

  • Organiser pratiquement la sortie de la dépendance aux pesticides

  • Supprimer les nombreuses aides publiques défavorables à la biodiversité

  • Faire appliquer pleinement la réglementation environnementale au lieu d’organiser son évitement pour des objectifs économiques de court terme

  • Protéger efficacement toutes les espèces en danger et suspendre tous les excès de prélèvements qui menacent leur viabilité

  • Améliorer la connaissance, la sensibilisation de tous publics, le conseil et la formation auprès des décideurs économiques

  • Evaluer et piloter les politiques publiques au regard de nouveaux indicateurs intégrant au-delà de l’économie les enjeux environnementaux et l’impératif de justice sociale.

Article complet ici :  https://www.fne.asso.fr/communiques/biodiversit%C3%A9-urgence-absolue-l%E2%80%99heure-n%E2%80%99est-plus-aux-demi-mesures

Rapport IPBES : La France n’a plus d’excuse

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Rapport IPBES : La France n’a plus d’excuse

 

Le rapport de l’IPBES confirme les alertes d’études scientifiques depuis plus de 150 ans, et qui se multiplient depuis 20 ans.

Alouette des champs (Alauda arvensis) - Crédit photo : Fabrice Cahez

Alouette des champs (Alauda arvensis) – Crédit photo : Fabrice Cahez

Ici le constat d’un effondrement des populations d’insectes de 80% jusque dans le cœur des espaces naturels*, là celui des oiseaux des champs de 30% en quinze ans seulement**. Avec la diversité biologique métropolitaine et ultramarine dont elle est responsable, avec sa présence sur les océans mondiaux, la France doit se donner les moyens d’une politique ambitieuse. Elle ne peut plus laisser grignoter les acquis de 70 ans de protection par des régressions successives sous prétexte d’économie ou de simplification.

La pression humaine croissante sur la biodiversité a en effet de graves conséquences, de plus en plus importantes, sur la qualité de vie des citoyens et sur l’économie. L’absence de prise en compte de la biodiversité coûte aux Françaises et aux Français, et en premier lieu aux plus vulnérables, beaucoup plus cher que l’action. La France a bien quelques raisons de satisfaction comparativement à d’autres pays : pourcentage d’aires protégées terrestres et marins, adoption de la loi puis du plan biodiversité, stratégie contre la déforestation importée… Mais elle doit désormais changer de paradigme, car nous savons d’ores et déjà que les objectifs d’Aïchi seront loin d’être atteints.

Nos associations préconisent donc cinq types d’actions.

 

1/ Intensifier la politique en faveur de la biodiversité

La France doit se doter d’une ambitieuse stratégie interministérielle, pour les espèces protégées comme pour la biodiversité ordinaire. Elle doit faire l’objet d’un suivi avec des mesures de résultats effectifs. Elle pourrait être l’objet du Conseil de défense écologique animé par le président de la République afin de veiller à l’intégration des enjeux de la biodiversité dans les décisions de chacun des ministères.

La France doit plaider, au sein du Conseil Européen, pour une position forte de l’Union Européenne au cours de la COP15 pour une ambition internationale assortie d’engagements pris par chaque État et bâtir les financements correspondants avec ses alliés et dans les différents secteurs.

La création d’espaces naturels protégés (parcs nationaux et réserves naturelles notamment) et la protection des espèces (listes de protection, plans nationaux de sauvegarde) ont fait ponctuellement leurs preuves. Des espèces autrefois rares ont pu revenir. Malheureusement de nombreuses autres, autrefois courantes, se sont raréfiées. La France doit urgemment :

  • être garante du respect de la réglementation existante,
  • augmenter significativement le nombre et la superficie des aires protégées,
  • mettre en place de nouvelles aires marines protégées et organiser le suivi de ces espaces,
  • connecter les espaces naturels protégés terrestres et maritimes, par des continuités écologiques diurnes et nocturnes,
  • protéger intégralement certaines espèces figurant sur les listes rouges UICN (oiseaux, mammifères…) en arrêtant immédiatement leur chasse, pêche, piégeage.

2/ Organiser la transition agro-écologique

De vastes surfaces agricoles intensives sont devenues des déserts biologiques. La France doit résolument s’engager dans une transition agroécologique sur son territoire en conditionnant systématiquement tous les financements nationaux ou européens à l’agriculture. La France doit notamment :

  • peser sur les négociations de la Politique agricole commune pour que les aides soient attribuées en fonction des services réels rendus à l’environnement et à sa protection, ou des coûts occasionnés à la société pour le restaurer,
  • plaider pour une répartition des financements plus équilibrée et plus transparente entre la production agricole et la préservation des services écosystémiques, entre les différents types d’agricultures selon leur bilan environnemental,
  • accompagner la transition vers une agriculture non dépendante des pesticides,
  • soutenir le développement de l’agriculture biologique, de la permaculture, de l’agriculture urbaine.

3/ Modifier la politique fiscale

La transition vers un développement durable nécessite une réforme en profondeur de la politique fiscale. La France doit impérativement :

  • supprimer les financements néfastes à la biodiversité,
  • développer les mesures de dissuasion de type « pollueur-payeur », et les faire appliquer,
  • créer un outil de financement des objectifs pour la biodiversité à la hauteur des besoins,
  • inciter les comportements vertueux (paiements pour services environnementaux sous conditions de résultats mesurés),
  • vérifier, pour toute nouvelle décision publique ou privée, qu’elle n’est pas en contradiction avec les objectifs stratégiques fixés pour la biodiversité.

4/ Organiser la pédagogie en direction des acteurs privés et du public

La France doit :

  • développer de vastes campagnes de communication et sensibilisation pour rappeler qu’une bonne qualité de vie dépend de la nature,
  • inclure fermement dans tous les programmes scolaires les questions liées à la connaissance et à l’érosion de la biodiversité,
  • soutenir toutes les bonnes pratiques individuelles,
  • promouvoir des modes de vie économes en ressources et en espace,
  • favoriser les aménagements urbains qui soutiennent la biodiversité et prennent en compte les risques liés à sa dégradation.

5/ Innover dans la gouvernance

La biodiversité est le parent pauvre des politiques publiques. Il est plus que temps pour la France :

  • de placer les enjeux de biodiversité dans toutes les instances au même niveau que ceux du dérèglement climatique,
  • d’instaurer une gouvernance multi-acteurs, nationale et territoriale,
  • organiser le suivi des contributions et des résultats ministériels par le Conseil de défense écologique.

 

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Que les pouvoirs publics ne s’inquiètent pas de la disparition des espèces dans les années 1980, c’était un manque d’anticipation. Qu’ils n’en tiennent pas compte dans les années 1990, c’était déjà plus inquiétant. Qu’ils ne prennent pas la mesure de l’effondrement du vivant dans les années 2010, c’était inconscient. Qu’ils n’en tiennent toujours pas compte en 2020, avec le niveau de connaissance acquis, ce serait un crime contre l’humanité ».

Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité : « Les conclusions de la communauté scientifique mondiale nous alertent sur l’érosion de la biodiversité, mais nous offrent aussi les pistes d’actions pour éviter la catastrophe. Nous attendons maintenant des décideurs politiques et économiques qu’ils s’en saisissent et passent à l’action ! L’érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité. On sait que lorsque des politiques responsables et dotées de moyens adéquats sont mises en place, la reconquête de la biodiversité est possible. C’est par exemple le cas, sous l’impulsion de directives européennes, pour les milieux aquatiques. Le nombre d’espèces de poissons dans la Seine en aval de Paris a été multiplié par 10 en 50 ans ».

Marc Giraud, porte-parole de l’ASPAS : « Face à la 6ème extinction de masse, la France reste apathique. Moins de 1 % du territoire français est dédié à la nature sauvage (parcs nationaux, réserves naturelles, réserves de biosphère intégrales, etc.). Et même dans ces espaces préservés, la chasse, l’exploitation forestière ou agricole sont le plus souvent autorisées. Les espèces protégées, elles, ne le sont qu’à condition de ne pas déranger, le loup en est l’exemple le plus criant. Aujourd’hui, il n’y a plus d’espaces et d’espèces sérieusement préservés dans l’Hexagone. Nous attendons que l’État prenne des décisions concrètes et rapides pour protéger le peu qu’il reste et créer de nouveaux espaces naturels dignes de ce nom ».

Rémi Luglia, président de la SNPN : « Depuis 150 ans les savants français et internationaux ne cessent d’alerter sur la dégradation de la nature, à partir de données et d’études scientifiques solidement documentées. Nos dirigeants doivent saisir l’enjeu vital de cette perte de biodiversité, et appliquer des mesures fortes. Les jeunes générations, dont l’avenir est en jeu, en sont, elles, conscientes, et l’exigent. »

Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN : « Nos paysages diurnes et nocturnes sont un patrimoine commun de la nation et chacun a le devoir de préserver l’environnement dit la loi. Alors verrons-nous au 21ème siècle, de nos yeux, une mobilisation politique et sociétale à la hauteur des enjeux et des conséquences de la disparition de la biodiversité pour la société ? Scientifiques et associations ont lancé toutes les alertes. Ne laissons pas aux seuls phénomènes visibles le droit de cité en abandonnant les disparitions irréversibles dans la nature, invisibles ou silencieuses. »

Jacques Beall, vice-président de Surfrider : « L’année 2019 est cruciale au niveau international pour que nous, responsables politiques, organisations et citoyens, changions de paradigme sur notre manière de « gérer la planète » et la biodiversité : le rapport de l’IPBES d’aujourd’hui ; le G7 en août à Biarritz avec à l’agenda l’environnement, la biodiversité et l’océan ; le rapport spécial Océan et Cryosphère en septembre. Il est urgent pour la France de sortir des positions convenues et de montrer enfin un réel engagement pour la biodiversité : les solutions sont là, il faut les prioriser en mettant en face les moyens et les accompagnements nécessaires y compris dans les Outre-mer. MakeOurBiodiversityGreatAgain ! »

*https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636

**https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

Biodiversité : les sols sont de moins en moins fertiles (vidéo)

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Biodiversité : les sols sont de moins en moins fertiles

La destruction de la nature menace l’Homme au moins autant que le réchauffement climatique, avertissent les experts mondiaux de la biodiversité réunis à Paris sous l’égide de l’ONU.

Labours intensifs, pesticides, monocultures… L’activité humaine bouleverse la santé de nos sols. Ils sont de moins en moins fertiles, car de moins en moins vivants…

Vidéo et article complet sur ce lien :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/biodiversite-les-sols-sont-de-moins-en-moins-fertiles_3421115.html

Au Sénat, l’Office français de la biodiversité devient aussi celui de la chasse

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Au Sénat, l’Office français de la biodiversité devient aussi celui de la chasse

Le projet de loi créant l’Office français de la biodiversité a été profondément remanié sous l’influence du monde cynégétique, qui a obtenu l’ajout de la chasse à son intitulé.

Les chasseurs, on le sait, ont l’oreille des sénateurs, qui se veulent les défenseurs de la ruralité. Une nouvelle preuve a été donnée, mercredi 10 et jeudi 11 avril, lors de l’examen du projet de loi visant à créer, au 1er janvier 2020, l’Office français de la biodiversité (OFB) : un établissement public unique de gestion et de protection de la nature, fusionnant les missions actuelles de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et de l’Agence française pour la biodiversité.

La suite : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/12/au-senat-l-office-francais-de-la-biodiversite-devient-aussi-celui-de-la-chasse_5449189_3244.html

40% des espèces d’oiseaux sont menacées en Franche-Comté selon la LPO (France 3)

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40% des espèces d’oiseaux sont menacées en Franche-Comté selon la LPO

La ligue de protection des oiseaux a porté plainte contre l’Etat Français. Elle l’accuse de ne pas respecter la directive oiseaux qui protège une centaine d’espèces d’oiseaux migrateurs. Dans la région, la LPO s’inquiète de la diminution du nombre d’espèces.

Certains de nos oiseaux vont-ils disparaître ? En Franche-Comté par exemple, le nombre de milans royaux a diminué de moitié en 20 ans en Franche-Comté selon René-Jean Monneret, président de Jura Faune.

La plupart de ces rapaces se nourrissent d’insectes ou de petits rongeurs. Ils peinent à trouver de la nourriture. Ils sont régulièrement empoisonnés par des produits chimiques utilisés par les agriculteurs.

« Il y a un très gros problème global de contamination de l’environnement, de la nature, avec diminution des insectes dans des proportions énormes. Les grillons dans le Jura il n’y en a pratiquement plus » dénonce René-Jean Monneret.

 

Lire la suite : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/40-especes-oiseaux-sont-menaces-franche-comte-lpo-1652386.html

La LPO porte plainte contre L’État français auprès de la commission européenne !

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En autorisant la chasse à la glu, le prolongement de la chasse aux Oies cendrées en février et la chasse d’espèces menacées, la France manque à ses obligations de protection de l’avifaune au regard de la Directive Oiseaux.

Le 2 avril 2019, la Directive Oiseaux fêtait ses 40 ans. Cette loi socle en matière de protection de l’avifaune en Europe est commune à tous les États membres de l’Europe. Si les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés par cette directive sont libres, chaque État a cependant l’obligation de les atteindre.

Or, des contradictions entre la réglementation française et la Directive Oiseaux demeurent. La LPO ayant utilisé tous les leviers français pour dénoncer ces anomalies, elle porte aujourd’hui plainte auprès de la Commission européenne en suivant ses recommandations qui préconisent de regrouper les plaintes lorsqu’il s’agit d’infractions au droit de l’Union européenne portant sur la même thématique.

Des infractions relatives à la chasse

  • La pratique de la chasse à la glu
    Cette technique de piégeage, qui consiste à enduire de colle de fins bâtons sur lesquels viendront se poser les grives et les Merles noires, est autorisée depuis 1989 dans cinq départements de la région PACA : Alpes de Haute Provence, Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Var et Vaucluse. Pourtant, elle est interdite, notamment en raison de sa non sélectivité, dans tous les pays d’Europe depuis les condamnations de l’Espagne en 2004 et celle de Malte en 2017.
  • Le prolongement de la chasse aux oies cendrées
    Depuis près de 20 ans, la chasse aux oies est prolongée sur notre territoire au-delà de la date de fermeture légale fixée au 31 janvier. Les raisons ? L’éternel renouvèlement d’actes ministériels pour y déroger et des instructions de « non-verbalisation » émanant directement des autorités publiques, au mépris des décisions de justice qui condamnent de manière récurrente cette pratique.
  • L’absence de mesures de conservation suffisantes pour des espèces chassables en déclin
    En France, au lieu de mettre en place des plans de sauvegarde, l’Etat autorise la chasse d’espèces mondialement menacées et en déclin. C’est notamment le cas de la Tourterelle des bois et du Courlis cendré. Au total, une vingtaine d’espèces « gibier » inscrites sur la liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature sont chassées sur notre territoire.

La LPO ne manquera pas d’adresser régulièrement à la Commission les preuves du « non-respect » de la Directive Oiseaux par l’Etat français dans le domaine de la chasse.

Le combat continue !

Voici d’autres liens pour vous informer plus avant :

https://www.youtube.com/watch?v=vtvuFdE5uPw

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/chasse-glu-nouvelle-plainte-lpo-contre-france-devant-commission-europeenne-1600881.html

https://video-streaming.orange.fr/actu-politique/chasse-a-la-glu-la-lpo-porte-plainte-contre-la-france-aupres-de-la-commission-europeenne-CNT000001bEDRv.html

Manifeste : « Zéro pesticide sur toutes les zones non-agricoles ! »

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Signez notre pétition.

Manifeste "Zéro pesticide sur toutes les zones non-agricoles !"

L’usage des pesticides de synthèse nuit fortement à la biodiversité et à la santé humaine. Pour cette raison, la « loi Labbé » a interdit leur utilisation aux collectivités depuis 2017, et aux particuliers depuis le 1er janvier 2019. Pourtant, 69 herbicides et insecticides de synthèse sont encore autorisés en France sur environ 20 millions d’hectares de zones non-agricoles, dont la plupart accueillent du public (forêts, terrains de sport, parcs et jardin, etc.) Pour la biodiversité et la santé humaine, nous demandons l’arrêt de l’usage des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles.

Les pesticides de synthèse : un danger pour la biodiversité et l’humanité

Prudemment appelés produits « phytosanitaires » de synthèse, ils sont généralement utilisés pour éradiquer des espèces animales, végétales ou fongiques. Toutefois, ils ne sont pas utilisés dans des environnements clos et peuvent donc avoir des effets négatifs sur d’autres organismes non-ciblés.

Aujourd’hui, nous savons que l’usage de pesticides néonicotinoïdes est une des causes principales du déclin dramatique des abeilles. Or, sans elles et sans leur action de pollinisation, ce sont plus d’1/3 de nos ressources alimentaires qui disparaissent. De même, l’usage du glyphosate, désherbant le plus utilisé en France[i], est corrélé à des troubles de la reproduction chez les mammifères et les oiseaux[ii] ainsi qu’à des lésions d’organes vitaux chez les amphibiens[iii] et les poissons[iv].

Les êtres humains subissent des effets similaires. Ainsi, l’expertise collective menée par l’INSERM, montre, chez les riverains de zones d’épandages de pesticides, une plus grande occurrence de leucémies, tumeurs cérébrales, malformations congénitales, troubles neurocomportementaux et du développement[v].

Usage interdit aux collectivités et aux particuliers

Sur la base de ces constats, la « loi Labbé » interdit aux collectivités d’utiliser ou de faire utiliser des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, forêts, promenades et voiries accessibles ou ouverts au public depuis 2017. Les jardiniers amateurs sont également concernés depuis le 1er janvier 2019, date à laquelle la vente en libre-service de ces produits a été interdite.

Toutefois, certains lieux publics tels que les cimetières et terrains de sport bénéficient de dérogations, et les jardiniers amateurs peuvent toujours avoir recours aux pesticides de synthèse à condition de les faire appliquer par un professionnel. En outre, de nombreuses zones non-agricoles ne sont pas concernées par cette loi.

40 pesticides de synthèse sont autorisés dans les forêts françaises

Dans les forêts françaises, ce sont 40 pesticides de synthèse qui sont autorisés, dont 23 à base de glyphosate[vi]. Ces derniers sont pourtant classés comme pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique, s’accumulant dans l’organisme des poissons, crustacés, algues, et plantes. D’autres, au nom évocateur tel que le « Fusilade Forêt » commercialisé par Syngenta, présentent des risques pour l’enfant pendant la grossesse[vii].

En 2018, 2000 hectares de forêts landaises ont été traités au glyphosate pour permettre aux pins de pousser plus vite, contaminant ainsi les abeilles et le miel de la région, devenu impropre à la consommation[viii]. Même problème dans l’Aisne où des parcelles de forêts classées Natura 2000 ont été traitées avec ce produit par l’Office National des Forêts (ONF) après l’entrée en application de la loi Labbé[ix]. En effet, bien que la loi s’applique aux espaces forestiers publics, de nombreuses parcelles peuvent encore être traitées car elles sont considérées comme des espaces de productions et non comme des « lieux de promenade ». Pourtant, le plus souvent, rien n’indique aux promeneurs qu’il s’agit d’une zone traitée…

35 pesticides de synthèse autorisés sur les sites d’entreprises[x], dont certains accueillent du public

Ces pesticides de synthèse sont utilisés sur les sites tertiaires et de production d’entreprises, c’est-à-dire tant sur les espaces verts des sièges sociaux ou des zones industrielles, que sur les milliers d’hectares des réseaux ferrés et autoroutes par exemple. Certains de ces espaces sont ouverts au public, c’est le cas notamment des terrains de sport, parcs d’attraction, parcs et jardins de monuments historiques et des golfs sur lesquels l’usage de fongicides SDHI alarme les scientifiques[xi].

Sur ces zones, 16 des 35 pesticides de synthèse autorisés sont des produits à base de glyphosate, et deux autres herbicides sont classés « cancérogènes probables »[xii]. La SNCF, premier consommateur de glyphosate en France pour les usages non-agricoles, en utilise 36 à 45 tonnes par an[xiii].

Notre demande : l’interdiction des phytos sur toutes les zones non-agricoles

Glyphosate, néonicotinoïdes… Le niveau de toxicité de produits utilisés massivement depuis des dizaines d’années est régulièrement mis à jour. Qu’allons-nous découvrir demain ?

Les collectivités et les jardiniers amateurs le prouvent tous les jours : ils sont capables de se passer des pesticides de synthèse. Ils adoptent pour cela de bonnes pratiques de jardinage qui permettent de conserver les équilibres naturels, accueillent les insectes « utiles » qui se chargent des indésirables, et ont recours au désherbage manuel, électrique ou thermique par exemple. Tandis que le gouvernement français avait pour objectif initial de réduire de 50% le recours aux pesticides entre 2008 et 2018[xiv] mais que leur consommation a au contraire augmentée de plus de 10% depuis 2009[xv], légiférer pour une sortie définitive de l’usage des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles apparaît comme une première étape nécessaire vers l’unique cap acceptable pour la conservation de la biodiversité et de la santé humaine en France : le 0 pesticide total[xvi].

Pour la biodiversité et la santé humaine, nous, associations à but non lucratif et reconnues d’intérêt général, demandons l’interdiction des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles dès 2020 !

Dites aux décideurs politiques et économiques que vous souhaitez l’interdiction des pesticides sur toutes les zones non-agricoles 

Signez la pétition


[i] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Fondation Concorde, Juillet 2017.

[ii] « The High Cost of Pesticides: Human and Animal Diseases. » Hoy et al. 2015.

[iii] « Risks of Glyphosate Use to Federally Threatened California Red-legged Frog.Toxicity of glyphosate herbicide on Nile tilapia (Oreochromis niloticus) juvenile. » Carey et al. Octobre 2008.

[iv] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Ayoola S.O, 2008.

[v] « Pesticides : les effets sur la santé. » Inserm, expertise collective, 2013.

[vi] https://bit.ly/2Sf52wv (ephy.anses.fr)

[vii] https://ephy.anses.fr/ppp/fusilade-foret

[viii] « Du glyphosate dans la forêt des Landes de Gascogne », France Bleu, Août 2018.

[ix] « L’ONF utilise-t-il illégalement du glyphosate en forêt domaniale de Saint-Gobain dans l’Aisne ? », France Info, Novembre 2018.

[x] https://bit.ly/2G83Nsw (ephy.anses.fr)

[xi] « Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques », Collectif de chercheurs et de médecins, Avril 2018.

[xii] “Elegia Gold” et “Kerb Forestier Liquide”. Source : ephy.anses.fr.

[xiii] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Fondation Concorde, Juillet 2017.

[xiv] Plans Ecophyto 1 en 2009 : objectif de 50% de réduction du recours aux pesticides entre 2008 et 2018. Plus d’informations

[xv] Ecophyto, note de suivi 2017 (juillet 2018).

Pour info : augmentation constante entre 2009 et 2014 (source : plan Ecophyto2), +12% entre 2014 et 2016 (https://agriculture.gouv.fr/le-gouvernement-donne-une-nouvelle-impulsion-au-plan-ecophyto), chiffre reparti à la hausse en 2017 selon les Echos (https://www.lesechos.fr/05/11/2018/lesechos.fr/0600076584904_en-france–l-usage-de-pesticides-est-reparti-a-la-hausse-en-2017.htm)

[xvi] 0 pesticide de synthèse et 0 biocide de synthèse sur toutes les zones agricoles et non-agricoles.

La migration des amphibiens en 2019

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La migration des amphibiens en 2019

Donnons un petit coup de pouce à la nature.

Accouplement de Crapauds communs (Bufo bufo) - Crédit photo : Ben Andrew (rspb-images.com)

Accouplement de Crapauds communs (Bufo bufo) – Crédit photo : Ben Andrew (rspb-images.com)

La saison des amours…

Tous les ans, durant les mois de février et mars, crapauds, grenouilles, tritons et salamandres quittent les forêts où ils ont passé l’hiver à l’abri du froid, terrés au fond d’un trou ou d’une mare. Quelques millions d’amphibiens rejoignent les zones humides qui les ont vu naître pour s’y reproduire à leur tour : c’est la période de la migration.

… mise à rude épreuve

Cette migration n’est pas sans risque. Ils sont nombreux à périr sous les roues des voitures en tentant de traverser les voies de circulation pour rejoindre les mares et les étangs.

Découvrez en images le phénomène de la migration des amphibiens.

Il est important de protéger les amphibiens car leur disparition risquerait d’entrainer un fort déséquilibre au sein de la chaîne alimentaire, où ils jouent à la fois le rôle de proie et de prédateur. Les adultes mangent des petits invertébrés (moustiques, limaces, vers, fourmis…) et entrent à leur tour dans le régime alimentaire de divers prédateurs tels que les hérons cendrés, couleuvres à collier, renards roux… Les têtards se nourrissent d’algues durant toute leur croissance et sont chassés par de nombreux animaux aquatiques (larves de libellules, dytiques, punaises, poissons).

Des opérations de sauvetage

Depuis plusieurs années la LPO met en place des opérations de sauvetage des amphibiens un peu partout en France. Les équipes installent des barrières-pièges le long des routes pour les intercepter avant qu’ils ne traversent et les relâchent de l’autre côté afin de leur permettre de poursuivre leur migration en toute sécurité. Vous pouvez participer à ces opérations ou nous informer si vous repérez des cas de collision. Pour cela il suffit de prendre contact avec l’association locale la plus proche de chez vous. Dépêchez-vous, les amphibiens sont en route !