Presse et Environnement

Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts

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Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts

Ensemble mobilisons-nous avant le 27 juin pour modifier la liste des mammifères et des oiseaux qui pourront être tirés et piégés dans de terribles conditions.

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée - Crédit photo : Gilles BentzLa belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée – Crédit photo : Gilles Bentz

Le ministère de l’écologie vient d’ouvrir une consultation relative aux « espèces d’animaux classés susceptibles d’occasionner des dégâts ». Qui sont-ils ? Les plus connus sont le renard, le corbeau, la pie et la belette.

Vous avez jusqu’au 27 juin pour donner votre avis. Nous vous invitons à remettre en question la liste proposée. Voici des arguments pour vous aider à rédiger vos propres commentaires.  Lien vers la consultation.

Un texte rétrograde  

L’arrêté aurait dû être modernisé en tenant compte des évolutions des mentalités et demandes sociétales : souffrance animale et conditions de piégeage, déclin de la biodiversité dans son ensemble, désuétude de la distinction entre animaux utiles et nuisibles… Ce n’est pas le cas, loin de là. Est-il par exemple normal au 21e siècle d’autoriser la destruction des espèces en période de dépendance des jeunes ?

Un classement fondé sur des dégâts non avérés ou obsolètes

Les critères de classement des espèces reposent sur la réglementation en vigueur, selon laquelle une espèce doit avoir commis des dégâts importants et actuels pour motiver le classement.

Il faut aussi prendre en compte la jurisprudence du Conseil d’Etat selon laquelle « les dommages peuvent être considérés comme significatifs si leur montant avoisine 10 000€ par an, pour l’espèce et le département considéré ».

Dans le cas présent, le projet d’arrêté maintien de nombreuses espèces sur les listes alors que les dégâts ne sont pas avérés pour les trois dernières années.

Des déclarations prises pour argent comptant

On est en droit de s’interroger sur la véracité des dégâts ou de l’identification des espèces concernées. Qui fait la différence entre les dégâts causés par une fouine et ceux commis par une martre ? Entre une Corneille noire et un Corbeau freux ? L’Etat se contente d’enregistrer des déclarations sans pouvoir en vérifier le fondement, pas plus que la sincérité des montants déclarés.

Une efficacité des régulations jamais démontrée

Aucun élément ne vient démontrer que les destructions massives des dernières années ont effectivement permis de réduire les dégâts économiques. L’impact négatif de ces destructions de grande ampleur n’est jamais évalué non plus. L’argument selon lequel « les dégâts auraient sans doute été pires » en l’absence de régulation n’est pas étayé. Il ne tient pas compte des dynamiques de population des dites espèces, de leurs comportements territoriaux…

La destruction d’espèces utiles aux écosystèmes

La réglementation ne tient pas non plus compte du rôle positif que ces espèces peuvent avoir (prédation rongeurs…).

Ainsi, tous les départements sauf les 92, 93 et 94 font figurer le renard sur la liste. Près d’un million de renards sont tués chaque année en France (entre 400 000 et 470 000 par tir selon l’étudede l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de 2013-2014, 200 000 par piégeage et autant sur les routes). Cette destruction massive et indifférenciée, sans rapport avec la présence d’élevages, n’est pas efficiente, comme l’ont montré les dernières études de l’ONCFS. Pire, elle est sans doute contre-productive puisqu’elle prive l’agriculture d’un allié de poids : chaque renard consomme environ 4 000 micromammifères par an, dont nombre de campagnols des champs.  Lorsque les prédateurs naturels ont été détruits, l’agriculture lutte contre les rongeurs en utilisant des produits chimiques tels que la Bromadiolone qui pose de nombreux problèmes sur toute la chaine trophique.

L’impact de la destruction des carnivores, pourtant alliés de l’agriculture par la consommation de nombreux rongeurs, n’est pas évalué, ni en termes économiques, ni en termes de santé (utilisation de raticides, facilitation de la diffusion de certaines maladies comme la maladie de Lyme etc.).

Autre exemple, le Geai des chênes, il est proposé de l’inscrire dans 7 départements, contre 4 précédemment, alors qu’il n’y a aucun dégât avéré, pas de présence significative de l’espèce dans les départements en question. Le geai des chênes est pourtant le premier « forestier » de France par le nombre d’arbres plantés (cet oiseau a l’habitude de cacher les graines et d’en oublier un certain nombre).

La destruction d’espèces menacées sur notre territoire

Deux départements (pour le putois) et un (pour la belette) continueraient à piéger et détruire par tir ces deux mustélidés : leur maintien sur la liste nationale n’a plus de raison d’être. Ces animaux doivent être classés sur la liste des espèces protégées, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays d’Europe.

Le Président de la fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais qui est aussi le Président de la Fédération nationale des chasseurs, a obtenu le classement de la belette et du putois dans son département. Cela en dit long sur les lobbies cynégétiques toujours à l’œuvre en France et la volonté de leurs dirigeants de faire perdurer un système archaïque.

Pourtant, le classement du putois est une hérésie : l’espèce a connu un fort déclin ces dernières années, en raison de la régression de son habitat naturel, les zones humides. Cette situation a conduit l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le Muséum National d’Histoire Naturelle à classer l ‘espèce sur la liste rouge des mammifères menacés en France et à demander d’urgence des mesures propres à assurer sa protection. Or, le tir et le piégeage contribuent à le fragiliser : plus de 6 000 putois sont tués chaque année. Stopper ces pratiques est une mesure simple à mettre en œuvre et dont les effets sont immédiats.

Il en est de même pour la belette, espèce discrète dont l’état des populations est mal connu. Sa présence sur la liste nationale des espèces susceptibles de causer des dégâts n’est pas justifiée. La prédation de l’espèce sur les élevages est marginale et les mesures de protection des poulaillers sont simples à mettre en œuvre. Au contraire, la belette est extrêmement utile car elle se nourrit essentiellement de rongeurs, qu’elle contribue à réguler.

Merci pour votre mobilisation.

Appel à mobilisation : répondez à la consultation sur les espèces « nuisibles »

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Ensemble mobilisons-nous avant le 27 juin pour modifier la liste des mammifères et des oiseaux qui pourront être tirés et piégés dans de terribles conditions.

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée - Crédit photo : Gilles Bentz

La belette fait partie des espèces menacées de disparition sur le territoire. Elle continue pourtant à être tirée et piégée – Crédit photo : Gilles Bentz

Le ministère de l’écologie vient d’ouvrir une consultation relative aux animaux classés nuisibles. Ne soyons pas dupes, le terme a été remplacé par « espèces d’animaux classés susceptibles d’occasionner des dégâts », il n’en reste pas moins que l’Etat leur fait la guerre. Qui sont-ils ? Les plus connus sont le renard, le corbeau, la pie et la belette.

Vous avez jusqu’au 27 juin pour donner votre avis. Nous vous invitons à remettre en question la liste proposée. Voici des arguments pour vous aider à rédiger vos propres commentaires.  Lien vers la consultation.

Un texte rétrograde  

L’arrêté aurait dû être modernisé en tenant compte des évolutions des mentalités et demandes sociétales : souffrance animale et conditions de piégeage, déclin de la biodiversité dans son ensemble, désuétude de la distinction entre animaux utiles et nuisibles… Ce n’est pas le cas, loin de là. Est-il par exemple normal au 21e siècle d’autoriser la destruction des espèces en période de dépendance des jeunes ?

Un classement fondé sur des dégâts non avérés ou obsolètes

Les critères de classement des espèces reposent sur la réglementation en vigueur, selon laquelle une espèce doit avoir commis des dégâts importants et actuels pour motiver le classement.

Il faut aussi prendre en compte la jurisprudence du Conseil d’Etat selon laquelle « les dommages peuvent être considérés comme significatifs si leur montant avoisine 10 000€ par an, pour l’espèce et le département considéré ».

Dans le cas présent, le projet d’arrêté maintien de nombreuses espèces sur les listes alors que les dégâts ne sont pas avérés pour les trois dernières années.

Des déclarations prises pour argent comptant

On est en droit de s’interroger sur la véracité des dégâts ou de l’identification des espèces concernées. Qui fait la différence entre les dégâts causés par une fouine et ceux commis par une martre ? Entre une Corneille noire et un Corbeau freux ? L’Etat se contente d’enregistrer des déclarations sans pouvoir en vérifier le fondement, pas plus que la sincérité des montants déclarés.

Une efficacité des régulations jamais démontrée

Aucun élément ne vient démontrer que les destructions massives des dernières années ont effectivement permis de réduire les dégâts économiques. L’impact négatif de ces destructions de grande ampleur n’est jamais évalué non plus. L’argument selon lequel « les dégâts auraient sans doute été pires » en l’absence de régulation n’est pas étayé. Il ne tient pas compte des dynamiques de population des dites espèces, de leurs comportements territoriaux…

La destruction d’espèces utiles aux écosystèmes

La réglementation ne tient pas non plus compte du rôle positif que ces espèces peuvent avoir (prédation rongeurs…).

Ainsi, tous les départements sauf les 92, 93 et 94 font figurer le renard sur la liste. Près d’un million de renards sont tués chaque année en France (entre 400 000 et 470 000 par tir selon l’étudede l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de 2013-2014, 200 000 par piégeage et autant sur les routes). Cette destruction massive et indifférenciée, sans rapport avec la présence d’élevages, n’est pas efficiente, comme l’ont montré les dernières études de l’ONCFS. Pire, elle est sans doute contre-productive puisqu’elle prive l’agriculture d’un allié de poids : chaque renard consomme environ 4 000 micromammifères par an, dont nombre de campagnols des champs.  Lorsque les prédateurs naturels ont été détruits, l’agriculture lutte contre les rongeurs en utilisant des produits chimiques tels que la Bromadiolone qui pose de nombreux problèmes sur toute la chaine trophique.

L’impact de la destruction des carnivores, pourtant alliés de l’agriculture par la consommation de nombreux rongeurs, n’est pas évalué, ni en termes économiques, ni en termes de santé (utilisation de raticides, facilitation de la diffusion de certaines maladies comme la maladie de Lyme etc.).

Autre exemple, le Geai des chênes, il est proposé de l’inscrire dans 7 départements, contre 4 précédemment, alors qu’il n’y a aucun dégât avéré, pas de présence significative de l’espèce dans les départements en question. Le geai des chênes est pourtant le premier « forestier » de France par le nombre d’arbres plantés (cet oiseau a l’habitude de cacher les graines et d’en oublier un certain nombre).

La destruction d’espèces menacées sur notre territoire

Deux départements (pour le putois) et un (pour la belette) continueraient à piéger et détruire par tir ces deux mustélidés : leur maintien sur la liste nationale n’a plus de raison d’être. Ces animaux doivent être classés sur la liste des espèces protégées, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays d’Europe.

Le Président de la fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais qui est aussi le Président de la Fédération nationale des chasseurs, a obtenu le classement de la belette et du putois dans son département. Cela en dit long sur les lobbies cynégétiques toujours à l’œuvre en France et la volonté de leurs dirigeants de faire perdurer un système archaïque.

Pourtant, le classement du putois est une hérésie : l’espèce a connu un fort déclin ces dernières années, en raison de la régression de son habitat naturel, les zones humides. Cette situation a conduit l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le Muséum National d’Histoire Naturelle à classer l ‘espèce sur la liste rouge des mammifères menacés en France et à demander d’urgence des mesures propres à assurer sa protection. Or, le tir et le piégeage contribuent à le fragiliser : plus de 6 000 putois sont tués chaque année. Stopper ces pratiques est une mesure simple à mettre en œuvre et dont les effets sont immédiats.

Il en est de même pour la belette, espèce discrète dont l’état des populations est mal connu. Sa présence sur la liste nationale des espèces susceptibles de causer des dégâts n’est pas justifiée. La prédation de l’espèce sur les élevages est marginale et les mesures de protection des poulaillers sont simples à mettre en œuvre. Au contraire, la belette est extrêmement utile car elle se nourrit essentiellement de rongeurs, qu’elle contribue à réguler.

Merci pour votre mobilisation.

Comment préserver les sternes, oiseaux nichant sur les bords de Loire ? Un arrêté fixe la conduite à tenir

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Comment préserver les sternes, oiseaux nichant sur les bords de Loire ? Un arrêté fixe la conduite à tenir

Depuis un mois environ, les sternes sont revenues nicher le long de la Loire et l’Allier. Préfètes du Cher et de la Nièvre viennent de signer un arrêté pour les protéger. Voici les principales interdictions et recommandations fixées par cette réglementation.

 

Lire la suite :  https://www.lejdc.fr/nevers-58000/actualites/comment-preserver-les-sternes-oiseaux-nichant-sur-les-bords-de-loire-un-arrete-fixe-la-conduite-a-tenir_13571712/

Protections des sternes : c’est le moment !

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Outre des comptages centrés sur le week-end du 8 et 9 juin (contactez nous pour plus d’infos !), la LPO Nièvre et les conservateurs de la RNVL ont organisés un point presse pour continuer de sensibiliser les habitués des bords de Loire ou d’Allier à la protection des sites de nidification. L’occasion de présenter les panneaux signifiant les arrêtés de protection qui seront posés aux abords des colonies répertoriées.

L’ile aux sternes, à Nevers, principal site de reproduction pour la Nièvre, est l’objet de toute les attentions.

Accédez au reportage de France3 BFC  en cliquant ici

Pour autant, alors que plus d’une centaine d’oiseaux sont installés sur le site,  les premiers dérangements ont déjà été constatés comme l’atteste cette photo d’un pêcheur que les panneaux d’interdiction ne semble pas concerner …

©JL.Dupuy – 31 mai 2019

Biodiversité : Les solutions sont connues, place à l’action !

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Biodiversité : Les solutions sont connues, place à l’action

 

Aujourd’hui, les constats concernant la menace climatique et la dégradation de la biodiversité sont pourtant unanimes. Il serait irresponsable de poursuivre des politiques au rabais, ou pire des politiques d’affichage sans efficacité réelle. L’heure n’est plus aux « chartes » non contraignantes ! La France doit se doter d’une ambitieuse stratégie interministérielle, avec des moyens dédiés et des objectifs chiffrés et phasés. Les grands axes des politiques nécessaires sont connus, il reste à les rendre opérationnels :

 

  • Lutter contre l’artificialisation des sols

  • Développer un réseau cohérent d’espaces naturels protégés appuyant une politique de trame verte et bleue exigeante quant aux documents d’urbanisme

  • Réorienter dans la prochaine Politique Agricole Commune les pratiques agricoles vers l’agroécologie et l’agriculture biologique via des conditionnalités environnementales

  • Organiser pratiquement la sortie de la dépendance aux pesticides

  • Supprimer les nombreuses aides publiques défavorables à la biodiversité

  • Faire appliquer pleinement la réglementation environnementale au lieu d’organiser son évitement pour des objectifs économiques de court terme

  • Protéger efficacement toutes les espèces en danger et suspendre tous les excès de prélèvements qui menacent leur viabilité

  • Améliorer la connaissance, la sensibilisation de tous publics, le conseil et la formation auprès des décideurs économiques

  • Evaluer et piloter les politiques publiques au regard de nouveaux indicateurs intégrant au-delà de l’économie les enjeux environnementaux et l’impératif de justice sociale.

Article complet ici :  https://www.fne.asso.fr/communiques/biodiversit%C3%A9-urgence-absolue-l%E2%80%99heure-n%E2%80%99est-plus-aux-demi-mesures

Rapport IPBES : La France n’a plus d’excuse

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Rapport IPBES : La France n’a plus d’excuse

 

Le rapport de l’IPBES confirme les alertes d’études scientifiques depuis plus de 150 ans, et qui se multiplient depuis 20 ans.

Alouette des champs (Alauda arvensis) - Crédit photo : Fabrice Cahez

Alouette des champs (Alauda arvensis) – Crédit photo : Fabrice Cahez

Ici le constat d’un effondrement des populations d’insectes de 80% jusque dans le cœur des espaces naturels*, là celui des oiseaux des champs de 30% en quinze ans seulement**. Avec la diversité biologique métropolitaine et ultramarine dont elle est responsable, avec sa présence sur les océans mondiaux, la France doit se donner les moyens d’une politique ambitieuse. Elle ne peut plus laisser grignoter les acquis de 70 ans de protection par des régressions successives sous prétexte d’économie ou de simplification.

La pression humaine croissante sur la biodiversité a en effet de graves conséquences, de plus en plus importantes, sur la qualité de vie des citoyens et sur l’économie. L’absence de prise en compte de la biodiversité coûte aux Françaises et aux Français, et en premier lieu aux plus vulnérables, beaucoup plus cher que l’action. La France a bien quelques raisons de satisfaction comparativement à d’autres pays : pourcentage d’aires protégées terrestres et marins, adoption de la loi puis du plan biodiversité, stratégie contre la déforestation importée… Mais elle doit désormais changer de paradigme, car nous savons d’ores et déjà que les objectifs d’Aïchi seront loin d’être atteints.

Nos associations préconisent donc cinq types d’actions.

 

1/ Intensifier la politique en faveur de la biodiversité

La France doit se doter d’une ambitieuse stratégie interministérielle, pour les espèces protégées comme pour la biodiversité ordinaire. Elle doit faire l’objet d’un suivi avec des mesures de résultats effectifs. Elle pourrait être l’objet du Conseil de défense écologique animé par le président de la République afin de veiller à l’intégration des enjeux de la biodiversité dans les décisions de chacun des ministères.

La France doit plaider, au sein du Conseil Européen, pour une position forte de l’Union Européenne au cours de la COP15 pour une ambition internationale assortie d’engagements pris par chaque État et bâtir les financements correspondants avec ses alliés et dans les différents secteurs.

La création d’espaces naturels protégés (parcs nationaux et réserves naturelles notamment) et la protection des espèces (listes de protection, plans nationaux de sauvegarde) ont fait ponctuellement leurs preuves. Des espèces autrefois rares ont pu revenir. Malheureusement de nombreuses autres, autrefois courantes, se sont raréfiées. La France doit urgemment :

  • être garante du respect de la réglementation existante,
  • augmenter significativement le nombre et la superficie des aires protégées,
  • mettre en place de nouvelles aires marines protégées et organiser le suivi de ces espaces,
  • connecter les espaces naturels protégés terrestres et maritimes, par des continuités écologiques diurnes et nocturnes,
  • protéger intégralement certaines espèces figurant sur les listes rouges UICN (oiseaux, mammifères…) en arrêtant immédiatement leur chasse, pêche, piégeage.

2/ Organiser la transition agro-écologique

De vastes surfaces agricoles intensives sont devenues des déserts biologiques. La France doit résolument s’engager dans une transition agroécologique sur son territoire en conditionnant systématiquement tous les financements nationaux ou européens à l’agriculture. La France doit notamment :

  • peser sur les négociations de la Politique agricole commune pour que les aides soient attribuées en fonction des services réels rendus à l’environnement et à sa protection, ou des coûts occasionnés à la société pour le restaurer,
  • plaider pour une répartition des financements plus équilibrée et plus transparente entre la production agricole et la préservation des services écosystémiques, entre les différents types d’agricultures selon leur bilan environnemental,
  • accompagner la transition vers une agriculture non dépendante des pesticides,
  • soutenir le développement de l’agriculture biologique, de la permaculture, de l’agriculture urbaine.

3/ Modifier la politique fiscale

La transition vers un développement durable nécessite une réforme en profondeur de la politique fiscale. La France doit impérativement :

  • supprimer les financements néfastes à la biodiversité,
  • développer les mesures de dissuasion de type « pollueur-payeur », et les faire appliquer,
  • créer un outil de financement des objectifs pour la biodiversité à la hauteur des besoins,
  • inciter les comportements vertueux (paiements pour services environnementaux sous conditions de résultats mesurés),
  • vérifier, pour toute nouvelle décision publique ou privée, qu’elle n’est pas en contradiction avec les objectifs stratégiques fixés pour la biodiversité.

4/ Organiser la pédagogie en direction des acteurs privés et du public

La France doit :

  • développer de vastes campagnes de communication et sensibilisation pour rappeler qu’une bonne qualité de vie dépend de la nature,
  • inclure fermement dans tous les programmes scolaires les questions liées à la connaissance et à l’érosion de la biodiversité,
  • soutenir toutes les bonnes pratiques individuelles,
  • promouvoir des modes de vie économes en ressources et en espace,
  • favoriser les aménagements urbains qui soutiennent la biodiversité et prennent en compte les risques liés à sa dégradation.

5/ Innover dans la gouvernance

La biodiversité est le parent pauvre des politiques publiques. Il est plus que temps pour la France :

  • de placer les enjeux de biodiversité dans toutes les instances au même niveau que ceux du dérèglement climatique,
  • d’instaurer une gouvernance multi-acteurs, nationale et territoriale,
  • organiser le suivi des contributions et des résultats ministériels par le Conseil de défense écologique.

 

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Que les pouvoirs publics ne s’inquiètent pas de la disparition des espèces dans les années 1980, c’était un manque d’anticipation. Qu’ils n’en tiennent pas compte dans les années 1990, c’était déjà plus inquiétant. Qu’ils ne prennent pas la mesure de l’effondrement du vivant dans les années 2010, c’était inconscient. Qu’ils n’en tiennent toujours pas compte en 2020, avec le niveau de connaissance acquis, ce serait un crime contre l’humanité ».

Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité : « Les conclusions de la communauté scientifique mondiale nous alertent sur l’érosion de la biodiversité, mais nous offrent aussi les pistes d’actions pour éviter la catastrophe. Nous attendons maintenant des décideurs politiques et économiques qu’ils s’en saisissent et passent à l’action ! L’érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité. On sait que lorsque des politiques responsables et dotées de moyens adéquats sont mises en place, la reconquête de la biodiversité est possible. C’est par exemple le cas, sous l’impulsion de directives européennes, pour les milieux aquatiques. Le nombre d’espèces de poissons dans la Seine en aval de Paris a été multiplié par 10 en 50 ans ».

Marc Giraud, porte-parole de l’ASPAS : « Face à la 6ème extinction de masse, la France reste apathique. Moins de 1 % du territoire français est dédié à la nature sauvage (parcs nationaux, réserves naturelles, réserves de biosphère intégrales, etc.). Et même dans ces espaces préservés, la chasse, l’exploitation forestière ou agricole sont le plus souvent autorisées. Les espèces protégées, elles, ne le sont qu’à condition de ne pas déranger, le loup en est l’exemple le plus criant. Aujourd’hui, il n’y a plus d’espaces et d’espèces sérieusement préservés dans l’Hexagone. Nous attendons que l’État prenne des décisions concrètes et rapides pour protéger le peu qu’il reste et créer de nouveaux espaces naturels dignes de ce nom ».

Rémi Luglia, président de la SNPN : « Depuis 150 ans les savants français et internationaux ne cessent d’alerter sur la dégradation de la nature, à partir de données et d’études scientifiques solidement documentées. Nos dirigeants doivent saisir l’enjeu vital de cette perte de biodiversité, et appliquer des mesures fortes. Les jeunes générations, dont l’avenir est en jeu, en sont, elles, conscientes, et l’exigent. »

Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN : « Nos paysages diurnes et nocturnes sont un patrimoine commun de la nation et chacun a le devoir de préserver l’environnement dit la loi. Alors verrons-nous au 21ème siècle, de nos yeux, une mobilisation politique et sociétale à la hauteur des enjeux et des conséquences de la disparition de la biodiversité pour la société ? Scientifiques et associations ont lancé toutes les alertes. Ne laissons pas aux seuls phénomènes visibles le droit de cité en abandonnant les disparitions irréversibles dans la nature, invisibles ou silencieuses. »

Jacques Beall, vice-président de Surfrider : « L’année 2019 est cruciale au niveau international pour que nous, responsables politiques, organisations et citoyens, changions de paradigme sur notre manière de « gérer la planète » et la biodiversité : le rapport de l’IPBES d’aujourd’hui ; le G7 en août à Biarritz avec à l’agenda l’environnement, la biodiversité et l’océan ; le rapport spécial Océan et Cryosphère en septembre. Il est urgent pour la France de sortir des positions convenues et de montrer enfin un réel engagement pour la biodiversité : les solutions sont là, il faut les prioriser en mettant en face les moyens et les accompagnements nécessaires y compris dans les Outre-mer. MakeOurBiodiversityGreatAgain ! »

*https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636

**https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

Biodiversité : les sols sont de moins en moins fertiles (vidéo)

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Biodiversité : les sols sont de moins en moins fertiles

La destruction de la nature menace l’Homme au moins autant que le réchauffement climatique, avertissent les experts mondiaux de la biodiversité réunis à Paris sous l’égide de l’ONU.

Labours intensifs, pesticides, monocultures… L’activité humaine bouleverse la santé de nos sols. Ils sont de moins en moins fertiles, car de moins en moins vivants…

Vidéo et article complet sur ce lien :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/biodiversite-les-sols-sont-de-moins-en-moins-fertiles_3421115.html

Au Sénat, l’Office français de la biodiversité devient aussi celui de la chasse

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Au Sénat, l’Office français de la biodiversité devient aussi celui de la chasse

Le projet de loi créant l’Office français de la biodiversité a été profondément remanié sous l’influence du monde cynégétique, qui a obtenu l’ajout de la chasse à son intitulé.

Les chasseurs, on le sait, ont l’oreille des sénateurs, qui se veulent les défenseurs de la ruralité. Une nouvelle preuve a été donnée, mercredi 10 et jeudi 11 avril, lors de l’examen du projet de loi visant à créer, au 1er janvier 2020, l’Office français de la biodiversité (OFB) : un établissement public unique de gestion et de protection de la nature, fusionnant les missions actuelles de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et de l’Agence française pour la biodiversité.

La suite : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/12/au-senat-l-office-francais-de-la-biodiversite-devient-aussi-celui-de-la-chasse_5449189_3244.html

40% des espèces d’oiseaux sont menacées en Franche-Comté selon la LPO (France 3)

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40% des espèces d’oiseaux sont menacées en Franche-Comté selon la LPO

La ligue de protection des oiseaux a porté plainte contre l’Etat Français. Elle l’accuse de ne pas respecter la directive oiseaux qui protège une centaine d’espèces d’oiseaux migrateurs. Dans la région, la LPO s’inquiète de la diminution du nombre d’espèces.

Certains de nos oiseaux vont-ils disparaître ? En Franche-Comté par exemple, le nombre de milans royaux a diminué de moitié en 20 ans en Franche-Comté selon René-Jean Monneret, président de Jura Faune.

La plupart de ces rapaces se nourrissent d’insectes ou de petits rongeurs. Ils peinent à trouver de la nourriture. Ils sont régulièrement empoisonnés par des produits chimiques utilisés par les agriculteurs.

« Il y a un très gros problème global de contamination de l’environnement, de la nature, avec diminution des insectes dans des proportions énormes. Les grillons dans le Jura il n’y en a pratiquement plus » dénonce René-Jean Monneret.

 

Lire la suite : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/40-especes-oiseaux-sont-menaces-franche-comte-lpo-1652386.html

La LPO porte plainte contre L’État français auprès de la commission européenne !

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En autorisant la chasse à la glu, le prolongement de la chasse aux Oies cendrées en février et la chasse d’espèces menacées, la France manque à ses obligations de protection de l’avifaune au regard de la Directive Oiseaux.

Le 2 avril 2019, la Directive Oiseaux fêtait ses 40 ans. Cette loi socle en matière de protection de l’avifaune en Europe est commune à tous les États membres de l’Europe. Si les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés par cette directive sont libres, chaque État a cependant l’obligation de les atteindre.

Or, des contradictions entre la réglementation française et la Directive Oiseaux demeurent. La LPO ayant utilisé tous les leviers français pour dénoncer ces anomalies, elle porte aujourd’hui plainte auprès de la Commission européenne en suivant ses recommandations qui préconisent de regrouper les plaintes lorsqu’il s’agit d’infractions au droit de l’Union européenne portant sur la même thématique.

Des infractions relatives à la chasse

  • La pratique de la chasse à la glu
    Cette technique de piégeage, qui consiste à enduire de colle de fins bâtons sur lesquels viendront se poser les grives et les Merles noires, est autorisée depuis 1989 dans cinq départements de la région PACA : Alpes de Haute Provence, Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Var et Vaucluse. Pourtant, elle est interdite, notamment en raison de sa non sélectivité, dans tous les pays d’Europe depuis les condamnations de l’Espagne en 2004 et celle de Malte en 2017.
  • Le prolongement de la chasse aux oies cendrées
    Depuis près de 20 ans, la chasse aux oies est prolongée sur notre territoire au-delà de la date de fermeture légale fixée au 31 janvier. Les raisons ? L’éternel renouvèlement d’actes ministériels pour y déroger et des instructions de « non-verbalisation » émanant directement des autorités publiques, au mépris des décisions de justice qui condamnent de manière récurrente cette pratique.
  • L’absence de mesures de conservation suffisantes pour des espèces chassables en déclin
    En France, au lieu de mettre en place des plans de sauvegarde, l’Etat autorise la chasse d’espèces mondialement menacées et en déclin. C’est notamment le cas de la Tourterelle des bois et du Courlis cendré. Au total, une vingtaine d’espèces « gibier » inscrites sur la liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature sont chassées sur notre territoire.

La LPO ne manquera pas d’adresser régulièrement à la Commission les preuves du « non-respect » de la Directive Oiseaux par l’Etat français dans le domaine de la chasse.

Le combat continue !

Voici d’autres liens pour vous informer plus avant :

https://www.youtube.com/watch?v=vtvuFdE5uPw

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/chasse-glu-nouvelle-plainte-lpo-contre-france-devant-commission-europeenne-1600881.html

https://video-streaming.orange.fr/actu-politique/chasse-a-la-glu-la-lpo-porte-plainte-contre-la-france-aupres-de-la-commission-europeenne-CNT000001bEDRv.html

Manifeste : « Zéro pesticide sur toutes les zones non-agricoles ! »

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Manifeste "Zéro pesticide sur toutes les zones non-agricoles !"

L’usage des pesticides de synthèse nuit fortement à la biodiversité et à la santé humaine. Pour cette raison, la « loi Labbé » a interdit leur utilisation aux collectivités depuis 2017, et aux particuliers depuis le 1er janvier 2019. Pourtant, 69 herbicides et insecticides de synthèse sont encore autorisés en France sur environ 20 millions d’hectares de zones non-agricoles, dont la plupart accueillent du public (forêts, terrains de sport, parcs et jardin, etc.) Pour la biodiversité et la santé humaine, nous demandons l’arrêt de l’usage des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles.

Les pesticides de synthèse : un danger pour la biodiversité et l’humanité

Prudemment appelés produits « phytosanitaires » de synthèse, ils sont généralement utilisés pour éradiquer des espèces animales, végétales ou fongiques. Toutefois, ils ne sont pas utilisés dans des environnements clos et peuvent donc avoir des effets négatifs sur d’autres organismes non-ciblés.

Aujourd’hui, nous savons que l’usage de pesticides néonicotinoïdes est une des causes principales du déclin dramatique des abeilles. Or, sans elles et sans leur action de pollinisation, ce sont plus d’1/3 de nos ressources alimentaires qui disparaissent. De même, l’usage du glyphosate, désherbant le plus utilisé en France[i], est corrélé à des troubles de la reproduction chez les mammifères et les oiseaux[ii] ainsi qu’à des lésions d’organes vitaux chez les amphibiens[iii] et les poissons[iv].

Les êtres humains subissent des effets similaires. Ainsi, l’expertise collective menée par l’INSERM, montre, chez les riverains de zones d’épandages de pesticides, une plus grande occurrence de leucémies, tumeurs cérébrales, malformations congénitales, troubles neurocomportementaux et du développement[v].

Usage interdit aux collectivités et aux particuliers

Sur la base de ces constats, la « loi Labbé » interdit aux collectivités d’utiliser ou de faire utiliser des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, forêts, promenades et voiries accessibles ou ouverts au public depuis 2017. Les jardiniers amateurs sont également concernés depuis le 1er janvier 2019, date à laquelle la vente en libre-service de ces produits a été interdite.

Toutefois, certains lieux publics tels que les cimetières et terrains de sport bénéficient de dérogations, et les jardiniers amateurs peuvent toujours avoir recours aux pesticides de synthèse à condition de les faire appliquer par un professionnel. En outre, de nombreuses zones non-agricoles ne sont pas concernées par cette loi.

40 pesticides de synthèse sont autorisés dans les forêts françaises

Dans les forêts françaises, ce sont 40 pesticides de synthèse qui sont autorisés, dont 23 à base de glyphosate[vi]. Ces derniers sont pourtant classés comme pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique, s’accumulant dans l’organisme des poissons, crustacés, algues, et plantes. D’autres, au nom évocateur tel que le « Fusilade Forêt » commercialisé par Syngenta, présentent des risques pour l’enfant pendant la grossesse[vii].

En 2018, 2000 hectares de forêts landaises ont été traités au glyphosate pour permettre aux pins de pousser plus vite, contaminant ainsi les abeilles et le miel de la région, devenu impropre à la consommation[viii]. Même problème dans l’Aisne où des parcelles de forêts classées Natura 2000 ont été traitées avec ce produit par l’Office National des Forêts (ONF) après l’entrée en application de la loi Labbé[ix]. En effet, bien que la loi s’applique aux espaces forestiers publics, de nombreuses parcelles peuvent encore être traitées car elles sont considérées comme des espaces de productions et non comme des « lieux de promenade ». Pourtant, le plus souvent, rien n’indique aux promeneurs qu’il s’agit d’une zone traitée…

35 pesticides de synthèse autorisés sur les sites d’entreprises[x], dont certains accueillent du public

Ces pesticides de synthèse sont utilisés sur les sites tertiaires et de production d’entreprises, c’est-à-dire tant sur les espaces verts des sièges sociaux ou des zones industrielles, que sur les milliers d’hectares des réseaux ferrés et autoroutes par exemple. Certains de ces espaces sont ouverts au public, c’est le cas notamment des terrains de sport, parcs d’attraction, parcs et jardins de monuments historiques et des golfs sur lesquels l’usage de fongicides SDHI alarme les scientifiques[xi].

Sur ces zones, 16 des 35 pesticides de synthèse autorisés sont des produits à base de glyphosate, et deux autres herbicides sont classés « cancérogènes probables »[xii]. La SNCF, premier consommateur de glyphosate en France pour les usages non-agricoles, en utilise 36 à 45 tonnes par an[xiii].

Notre demande : l’interdiction des phytos sur toutes les zones non-agricoles

Glyphosate, néonicotinoïdes… Le niveau de toxicité de produits utilisés massivement depuis des dizaines d’années est régulièrement mis à jour. Qu’allons-nous découvrir demain ?

Les collectivités et les jardiniers amateurs le prouvent tous les jours : ils sont capables de se passer des pesticides de synthèse. Ils adoptent pour cela de bonnes pratiques de jardinage qui permettent de conserver les équilibres naturels, accueillent les insectes « utiles » qui se chargent des indésirables, et ont recours au désherbage manuel, électrique ou thermique par exemple. Tandis que le gouvernement français avait pour objectif initial de réduire de 50% le recours aux pesticides entre 2008 et 2018[xiv] mais que leur consommation a au contraire augmentée de plus de 10% depuis 2009[xv], légiférer pour une sortie définitive de l’usage des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles apparaît comme une première étape nécessaire vers l’unique cap acceptable pour la conservation de la biodiversité et de la santé humaine en France : le 0 pesticide total[xvi].

Pour la biodiversité et la santé humaine, nous, associations à but non lucratif et reconnues d’intérêt général, demandons l’interdiction des pesticides de synthèse sur toutes les zones non-agricoles dès 2020 !

Dites aux décideurs politiques et économiques que vous souhaitez l’interdiction des pesticides sur toutes les zones non-agricoles 

Signez la pétition


[i] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Fondation Concorde, Juillet 2017.

[ii] « The High Cost of Pesticides: Human and Animal Diseases. » Hoy et al. 2015.

[iii] « Risks of Glyphosate Use to Federally Threatened California Red-legged Frog.Toxicity of glyphosate herbicide on Nile tilapia (Oreochromis niloticus) juvenile. » Carey et al. Octobre 2008.

[iv] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Ayoola S.O, 2008.

[v] « Pesticides : les effets sur la santé. » Inserm, expertise collective, 2013.

[vi] https://bit.ly/2Sf52wv (ephy.anses.fr)

[vii] https://ephy.anses.fr/ppp/fusilade-foret

[viii] « Du glyphosate dans la forêt des Landes de Gascogne », France Bleu, Août 2018.

[ix] « L’ONF utilise-t-il illégalement du glyphosate en forêt domaniale de Saint-Gobain dans l’Aisne ? », France Info, Novembre 2018.

[x] https://bit.ly/2G83Nsw (ephy.anses.fr)

[xi] « Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques », Collectif de chercheurs et de médecins, Avril 2018.

[xii] “Elegia Gold” et “Kerb Forestier Liquide”. Source : ephy.anses.fr.

[xiii] « Produits phytosanitaires dans l’agriculture : l’urgence d’une approche dépassionnée et rationnelle – Le cas du glyphosate. » Fondation Concorde, Juillet 2017.

[xiv] Plans Ecophyto 1 en 2009 : objectif de 50% de réduction du recours aux pesticides entre 2008 et 2018. Plus d’informations

[xv] Ecophyto, note de suivi 2017 (juillet 2018).

Pour info : augmentation constante entre 2009 et 2014 (source : plan Ecophyto2), +12% entre 2014 et 2016 (https://agriculture.gouv.fr/le-gouvernement-donne-une-nouvelle-impulsion-au-plan-ecophyto), chiffre reparti à la hausse en 2017 selon les Echos (https://www.lesechos.fr/05/11/2018/lesechos.fr/0600076584904_en-france–l-usage-de-pesticides-est-reparti-a-la-hausse-en-2017.htm)

[xvi] 0 pesticide de synthèse et 0 biocide de synthèse sur toutes les zones agricoles et non-agricoles.

La migration des amphibiens en 2019

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La migration des amphibiens en 2019

Donnons un petit coup de pouce à la nature.

Accouplement de Crapauds communs (Bufo bufo) - Crédit photo : Ben Andrew (rspb-images.com)

Accouplement de Crapauds communs (Bufo bufo) – Crédit photo : Ben Andrew (rspb-images.com)

La saison des amours…

Tous les ans, durant les mois de février et mars, crapauds, grenouilles, tritons et salamandres quittent les forêts où ils ont passé l’hiver à l’abri du froid, terrés au fond d’un trou ou d’une mare. Quelques millions d’amphibiens rejoignent les zones humides qui les ont vu naître pour s’y reproduire à leur tour : c’est la période de la migration.

… mise à rude épreuve

Cette migration n’est pas sans risque. Ils sont nombreux à périr sous les roues des voitures en tentant de traverser les voies de circulation pour rejoindre les mares et les étangs.

Découvrez en images le phénomène de la migration des amphibiens.

Il est important de protéger les amphibiens car leur disparition risquerait d’entrainer un fort déséquilibre au sein de la chaîne alimentaire, où ils jouent à la fois le rôle de proie et de prédateur. Les adultes mangent des petits invertébrés (moustiques, limaces, vers, fourmis…) et entrent à leur tour dans le régime alimentaire de divers prédateurs tels que les hérons cendrés, couleuvres à collier, renards roux… Les têtards se nourrissent d’algues durant toute leur croissance et sont chassés par de nombreux animaux aquatiques (larves de libellules, dytiques, punaises, poissons).

Des opérations de sauvetage

Depuis plusieurs années la LPO met en place des opérations de sauvetage des amphibiens un peu partout en France. Les équipes installent des barrières-pièges le long des routes pour les intercepter avant qu’ils ne traversent et les relâchent de l’autre côté afin de leur permettre de poursuivre leur migration en toute sécurité. Vous pouvez participer à ces opérations ou nous informer si vous repérez des cas de collision. Pour cela il suffit de prendre contact avec l’association locale la plus proche de chez vous. Dépêchez-vous, les amphibiens sont en route !

2018, une année noire pour le Milan royal

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2018, une année noire pour le Milan royal

46 cadavres de Milans royaux ont été découverts sur le territoire français par le Réseau Milan royal.

Milan royal (Milvus milvus) - Frédéric DupuyMilan royal (Milvus milvus) – Frédéric Dupuy

C’est le plus lourd bilan de ces dix dernières années après 2011 ! Pourtant le Milan est une espèce protégée et vulnérable. Pour rappel, en 2011, soixante-deux cadavres avaient été comptabilisés. Plus d’une vingtaine d’entre eux, en Auvergne, avaient été victimes d’empoisonnements à la bromadiolone, anticoagulant utilisé pour limiter les populations des campagnols dans les champs.

L’empoisonnement reste de loin la première cause de mortalité en France

Les vingt-quatre autopsies et analyses toxicologiques qui ont pu être réalisées révèlent que treize milans ont succombé à un empoisonnement. Plus grave encore, les substances responsables de la mort de neuf d’entre eux sont le carbofuran et l’aldicarbe, deux substances interdites en France depuis plus de dix ans. Les quatre autres individus ont péri suite à des intoxications aux anticoagulants (à savoir la bromadiolone et le brodifacoum), au plomb ou au cadmium.

Les autres causes de mortalité

Onze autres Milans royaux ont été victimes de tirs (pour deux d’entre eux), d’électrocutions avec le réseau électrique (pour quatre d’entre eux), de collisions avec des éoliennes (pour trois d’entre eux), de collisions avec un avion (un cas) et de prédations par un autre rapace (un cas).

Un chiffre largement sous-évalué

Parmi ces quarante-six cadavres, seulement huit ont été découverts parce qu’ils étaient équipés de balises GPS. Pour les autres leur découverte s’est faite par hasard. Nous sommes en mesure de nous demander combien de milans royaux ont véritablement péri en 2018 en France victimes d’actes malveillants ou d’infrastructures dangereuses. Probablement des centaines…

Des efforts anéantis

Les huit individus équipés de balises provenaient de pays européens : Belgique, Suisse, Allemagne, Autriche et République tchèque. Pourquoi ? Parce que chaque année la France est survolée par des milliers de Milans royaux qui à l’automne rejoignent leurs quartiers d’hiver et à la fin de l’hiver rejoignent leurs sites de nidification.

Le suivi de ces oiseaux vulnérables s’inscrit dans des plans de sauvegarde nationaux et européens. Un nouveau Plan national d’actions en faveur du Milan royal, initié par le Ministère de la transition écologique et solidaire a d’ailleurs été lancé en 2018.

La LPO exige donc des services de l’Etat qu’ils prennent leurs responsabilités et mettent en œuvre des mesures urgentes pour mettre fin à ces destructions de Milans royaux et tout particulièrement à ces actes malveillants d’un autre âge.

Pourquoi un monde sans insectes doit vraiment nous inquiéter

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Pourquoi un monde sans insectes doit vraiment nous inquiéter

Anne Brigaudeau France Télévisions

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/pourquoi-un-monde-sans-insectes-doit-il-vraiment-nous-inquieter_3197297.html

Mis à jour le 27/02/2019 | 17:23
publié le 26/02/2019 | 07:00

Près de la moitié des espèces d’insectes, essentiels aux écosystèmes, sont en déclin rapide dans le monde entier, selon une étude publiée le 11 février par des chercheurs de deux universités australiennes.

Mais où est passé le mur de mouches écrasées d’antan, qui noircissait les pare-brise sur la route des vacances ? Une synthèse de dizaines d’études, publiée lundi 11 février, par des chercheurs des universités de Sydney et du Queensland (Australie) corrobore le constat des conducteurs : près de la moitié des espèces d’insectes sont en déclin rapide dans le monde à cause d’un « effondrement catastrophique » des milieux naturels.

Pire encore, affirment les universitaires, si nous ne mettons pas fin rapidement à la destruction et à la pollution de leur habitat naturel, notamment dus à une agriculture intensive à base de pesticides et à l’artificialisation des sols, ces êtres vivants indispensables à l’écosystème vont disparaître d’ici quelques décennies. Avec des conséquences catastrophiques pour toute la chaîne du vivant.

Ce sera la fin de notre diversité alimentaire

« Il suffit d’imaginer que 80% des plantes à fleurs sont pollinisées par un insecte pour avoir une idée des conséquences », sourit Benoît Geslin, maître de conférences à l’université Aix-Marseille et chercheur à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie. « Sans les insectes, sans les quelque 1 000 espèces d’abeilles en France plus ou moins spécialisées, sans les mouches également très pollinisatrices, huit à neuf plantes sur dix ne seraient pas là. » Or, la variété de notre alimentation dépend directement de la présence de ces plantes.

« 75% des sortes de plantes que nous mangeons sont liées à la pollinisation : les fruits, les amandes, le colza, le tournesol, les pommes, les courgettes, le potiron, le café, le miel…

« En leur absence, on devrait se contenter de blé et de riz qui sont pollinisés par le vent et non par les insectes », tranche le chercheur. « Ces céréales pollinisées par le vent représentent environ les deux tiers de notre consommation de produits agricoles, précise Colin Fontaine, chercheur au Centre d’écologie et des sciences de la conservation. Mais le tiers qui reste en terme de tonnage, ce sont les légumes, les cultures à forte valeur ajoutée, donc les plus précieuses en terme de nutrition. »

D’où une alimentation fatalement moins diverse et moins gourmande, mais aussi de moindre qualité. « Des insectes dépendent non seulement ce qu’on mange, mais aussi la valeur nutritive de ce qu’on mange, poursuit Benoît Geslin. Les pommes qui sont moins pollinisées contiennent moins de sucre et moins de vitamines que les autres. Et même le lait baisse en qualité si les vaches ne se nourrissent pas d’une variété de plantes suffisantes dans l’herbe qu’elles broutent. » Jean-Yves Rasplus, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), pointe ainsi le risque « de multiplication de famines, donc de guerres et de conflits, d’ici un quart de siècle »

Un pas encourageant vers une réforme de la Politique Agricole Commune

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Interpellée en France par la LPO et ailleurs en Europe par d’autres associations de protection de la nature, la commission de l’environnement du Parlement européen (COMENVI) semble enfin avoir pris la mesure du rôle dévastateur de la Politique Agricole Commune (PAC) vis-à-vis de la nature et de la biodiversité.

Coquelicots - Crédit photo :  M. Schuppich Crédit photo : M. Schuppich

Réunis le 14 février pour étudier des amendements relatifs aux propositions de la commission pour la prochaine PAC, les eurodéputés membres de la COMENVI ont décidé d’allouer 15 milliards d’euros de subventions destinées à la restauration de milieux naturels par les agriculteurs.

Outre cette première amélioration considérable par rapport aux propositions initiales, la COMENVI a également voté pour conditionner le versement de toute subvention à l’augmentation des surfaces naturelles préservées en milieu agricole et à la limitation de l’usage des pesticides. De même, les subventions favorisant la production animale intensive dans des fermes industrielles ont été bannies.

Résister aux lobbies

Pour la LPO, ces avancées sont encourageantes et significatives. Selon le directeur général Yves Verilhac : « Nous pourrions enfin assister à une inversion de la logique productiviste de la Politique Agricole Commune, qui aujourd’hui encore favorise l’agriculture intensive au détriment de la biodiversité. C’est maintenant au Parlement Européen dans son ensemble de souscrire à ces recommandations et de résister aux lobbies industriels pour répondre à l’urgence écologique en corrigeant les effets néfastes de la PAC ».

Source : https://www.lpo.fr/actualites/un-pas-encourageant-vers-une-reforme-de-la-politique-agricole-commune

La route de Niffond, à Urzy, fermée jusqu’à mi-avril pour sauver les amphibiens amoureux

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La route de Niffond, à Urzy, fermée jusqu’à mi-avril pour sauver les amphibiens amoureux

 

2019 n’échappe pas à la période d’amour des amphibiens : comme toujours la route de Niffond, à Urzy, sera fermée, en soirée, pendant deux mois.

Lire la suite : https://www.lejdc.fr/urzy/environnement/2019/02/17/la-route-de-niffond-a-urzy-fermee-jusqu-a-mi-avril-pour-sauver-les-amphibiens-amoureux_13135925.html